Contre toute attente, le mini-remaniement ministériel intervenu le 15 janvier a coupé une des têtes du ministère de l’Ecologie : Nathalie Kosciusko-Morizet quitte son poste de secrétaire d’Etat auprès de Jean-Louis Borloo pour remplacer Eric Besson au secrétariat d’Etat chargé de la prospective et du développement de l’économie numérique. Le ministre de l’écologie Jean-Louis Borloo « va proposer un ou une remplaçante ».
Jeu de chaises musicales à la tête du gouvernement. Nathalie Kosciusco-Morizet a été nommée le 15 janvier secrétaire d’Etat à la prospective et au développement de l’économie numérique auprès du Premier ministre en remplacement d’Eric Besson nommé ministre de l’Immigration. « NKM » quitte ainsi à 35 ans le poste de secrétaire d’Etat à l’Ecologie où elle s’était faite connaître du grand public en animant – aux côtés de Jean-Louis Borloo – le Grenelle de l’environnement.
Une surprise
Même si les relations entre la secrétaire d’Etat et son ministre de tutelle étaient régulièrement tendues, l’annonce de ce remaniement a surpris, à quelques jours de l’examen en première lecture de la loi d’orientation du Grenelle (Grenelle 1) au Sénat, et alors que la loi de mise en oeuvre (Grenelle 2) vient tout juste d’être présentée en conseil des ministres.
Si le départ de « NKM » est une surprise, l’attribution du portefeuille de l’économie numérique et la prospective en est une autre. C’est en effet davantage du côté du ministère de la Santé que les désirs de l’intéressée penchaient. Dans la foulée de sa nomination, la secrétaire d’Etat s’est toutefois réjouie d’être promue à une fonction dotée d’une « plus grande autonomie ». « Ce n’est pas un mystère qu’être secrétaire d’Etat auprès d’un ministre de tutelle ne correspondait pas très bien à mon caractère », a-t-elle déclaré lors de la passation de pouvoirs. Elle a cependant jugé qu’elle et Jean-Louis Borloo avaient fait « un bon tandem ». « J’ai été, je reste, je serai toujours une militante de l’écologie », a-t-elle souligné. Le ministre de l’Ecologie a de son côté annoncé qu’il allait « proposer un ou une remplaçante » de Nathalie Kosciusko-Morizet.
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La FNSEA salue sa compétence
Le départ de la secrétaire d’Etat ne laisse pas le monde agricole indifférent. Pour Pascal Ferey, responsable des questions d’environnement à la FNSEA, ce n’est qu’un au-revoir. « Je sais qu’un jour ou l’autre on la retrouvera sur ces domaines ». Le vice-président de la FNSEA tient à saluer « sa compétence »et sa « facilité à dialoguer ». « Je regrette que par moment elle ait eu une vision de l’écologie un peu trop urbaine et associative, pas assez entreprenariale, mais je la respecte énormément. Je ne partage pas son sentiment sur les OGM mais il faut reconnaître, qu’avec l’équipe du Grenelle, elle a fait avancer les choses quant à la prise en compte de l’environnement par l’agriculture et – à l’inverse – quant à la prise de conscience des enjeux agricoles par les écologistes ». Jacques Pasquier, secrétaire général de la Confédération paysanne, salue pour sa part l’action de la secrétaire d’Etat sur le dossier OGM. « Si on n’a pas eu de cultures OGM en France en 2008, et peut-être en 2009, elle y est pour quelque chose ». « Son départ pourrait être considéré comme un enterrement du Grenelle mais le fait qu’elle soit nommée à la “prospective” est quelque chose qui peut être intéressant, de par l’importance qu’elle pourrait donner à l’écologie dans la France qu’on va construire » ajoute le représentant de la Confédération.
Du côté des écologistes, Arnaud Gossement, porte-parole de France Nature Environnement (FNE), retient le travail effectué par la secrétaire d’Etat pour « faire émerger l’écologie à droite », « une des clefs du Grenelle ». Le représentant écologiste ne souhaite toutefois pas s’attarder sur les questions de personnes : « Ce qui m’intéresse, ce sont les compétences de son successeur et le duo qui sera formé avec Jean-Louis Borloo ». Arnaud Gossement espère qu’à cette occasion plusieurs dossiers retrouveront une priorité politique, tels que ceux relatifs à la biodiversité, les sols pollués, la gouvernance verte des entreprises, ou les relations entre le ministère de l’Agriculture et celui de l’Ecologie.