Le préfet des Bouches-du-Rhône Christian Frémont a demandé une expertise « neutre contradictoire » sur le projet de reprise par les salariés de l’usine Nestlé de Saint-Menet (427 salariés) à Marseille.
Le projet de reprise de l’usine Nestlé de Saint-Menet par ses salariés n’est pas encore enterré. Le préfet des Bouches-du-Rhône, Christian Frémont, a en effet demandé une contre-expertise, après une table ronde au cours de laquelle la direction du groupe suisse a réaffirmé que le projet n’était pas viable. « Jusqu’à ce que nous ayons une réponse à cette question, tout contact me paraît peu utile dans la mesure où les points de vue des syndicats et de l’entreprise sont absolument contradictoires », a déclaré Christian Frémont pour expliquer sa décision. Direction, syndicats et élus à Marseille avaient en effet été réunis pour examiner la proposition faite par les syndicats pour maintenir une activité dans l’usine, qui fabrique du café soluble et du chocolat.
« 28 millions d’euros de perte annuelle »
L’an dernier, la direction de Nestlé avait annoncé la fermeture, prévue en juin prochain, de ce site spécialisé dans la production de chocolat et de café lyophilisé. En réaction, les syndicats ont élaboré un projet prévoyant les productions de chocolat MDD et premiers prix et de café moulu et en grains, des marchés jusque-là inexploités dans l’usine. « Si le projet mérite d’être soutenu, il le sera, s’il n’est pas réaliste, ce serait folie de s’entêter », a souligné Christian Frémont. « Avec les données actuelles, ce projet n’est pas viable », a quant à lui soutenu Jean-Pierre Carli, directeur général industriel de Nestlé. Pour le respect des salariés, nous n’irons pas plus loin en ce qui nous concerne avec ce projet ». Selon ses estimations, la reprise en autogestion se traduirait par « une perte de 28 millions d’euros par an ».
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440 reclassements
A l’heure actuelle, la direction de Nestlé indique que 440 postes seraient proposés pour des reclassements internes et que la revitalisation du site avec une autre activité que le chocolat permettra de créer au moins 300 emplois . « La valeur de reclassement de ces postes reste à démontrer, tous les établissements interrogés sont en réduction d’effectifs, on ne voit pas du tout où peuvent exister ces postes », estime de son côté la CGT. Pour concrétiser son projet, le syndicat s’en remet au gouvernement, « le mieux placé pour organiser les discussions » avec les dirigeants de Nestlé.