Abonné

Newheat équipe une serre maraîchère de capteurs solaires thermiques

- - 3 min
500 capteurs solaires thermiques ont été déployés sur une parcelle jouxtant la serre. Crédits : © Newheat

Newheat a installé une centrale solaire thermique au sein de l’exploitation les Tomates d’Auïtou, en Corrèze, afin de compléter son approvisionnement énergétique et améliorer ses rendements.

Installé en Corrèze, Geoffrey Goutoule cultive des tomates depuis 2019. Son exploitation, Les Tomates d’Auïtou, fait partie de la coopérative Les Paysans de Rougeline. Dès le lancement du projet, le maraîcher a pour objectif d’être le plus vertueux possible. « On ne s’amuse pas à faire des tomates à 600 mètres d’altitude pour brûler du gaz », résume-t-il. Pour chauffer les huit hectares de serre, et les quelque 100 000 pieds de tomates, cultivés hors sols faute de terre fertile, l’exploitant s’est raccordé à une usine d’incinération voisine. « La chaleur fatale couvre environ 90 % des besoins thermiques annuels de la serre, précise Geoffrey Goutoule. Mais nous subissons des arrêts pour maintenance pendant environ six semaines par an. »

7100 m² de capteurs solaires

Pour effacer au maximum le recours aux énergies fossiles, l’agriculteur s’est tourné vers le solaire thermique, aux rendements deux à trois fois supérieurs à ceux du photovoltaïque pour une surface équivalente. Newheat, fournisseur de la solution, a conçu une centrale de 7100 m², soit 500 capteurs, installée sur une parcelle non exploitable jouxtant la serre. La puissance installée atteint près de 6 MW, avec une production annuelle estimée à 5 400 MWh. Il s’agit de la plus grande centrale solaire thermique dédiée au maraîchage en France.

Lire aussi : Neofarm lève 30 M€ et passe ses fermes robotisées à l’échelle supérieure 

« La chaleur fatale et le solaire thermique, qui permettent d’atteindre 98 % des besoins en chaleur de la serre, sont complétés par du stockage thermique », explique Thibault Perrigault, directeur du développement chez Newheat. Les deux unités de stockage totalisent 4500 m³, permettant de livrer la chaleur au moment précis où la serre en a besoin et où le soleil n’alimente pas les capteurs. 

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

photovoltaïque
Suivi
Suivre

Une hausse de rendement de 5 %

Le solaire thermique ouvre aussi des perspectives agronomiques : avec la chaleur fatale, la serre est conduite autour de 17°C, alors que nombre de serres chauffent de 20 à 22 °C. « Avec ce complément de chaleur, on vise un optimum thermique plus régulier, notamment pour la déshumidification et la croissance », souligne Geoffrey Goutoule. L’agriculteur compte sur une hausse de rendement de 5 %. Le coût global du projet atteint 3,7 M€, dont 50 % est financé par le Fonds chaleur de l’Ademe et la Région Nouvelle Aquitaine (FEDER). Une aide indispensable pour rendre le modèle économiquement viable, avec un coût de chaleur autour de 30 €/MWh sur vingt ans.

Lire aussi : TSE lève 65 M€ de dette auprès d’Eiffel Investment Group

Une seconde serre dans les Pyrénées-Orientales a également été équipée de capteurs solaires thermiques cette année. Et Newheat est en discussion pour exploiter le solaire thermique dans d’autres applications agricoles, telles que le séchage de céréales ou la transformation agroalimentaire. La société vient également de signer un joint-venture avec Sunmark Chile, « le leader de l’énergie solaire thermique au Chili depuis 2012 », indique-t-elle dans son communiqué du 11 décembre 2025, pour « accélérer la décarbonation des mines de cuivre au Chili et en Amérique Latine. »