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Salon de l’agriculture Nicolas Sarkozy appelle « à l’unité de la profession agricole » pour la future Pac

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La visite du chef de l’État, le samedi 6 mars, au Salon de l’agricultures’est déroulée sans mouvements visibles d’humeur du monde paysan. Nicolas Sarkozy a passé près de deux heures au salon avant de rejoindre les organisations agricoles représentatives et l’Ania pour une table ronde. Il a fait l’annonce, sans surprise, d’une prise en charge à hauteur de 50 millions d’euros des intérêts d’emprunts des prêts bancaires qui pourront donc atteindre la somme de 1,8 milliard. Mais surtout, il a indiqué avoir « besoin de l’unité de la profession » dans l’optique du « combat européen qu’il mènera avec acharnement sur la Pac ».

Pour faire taire la polémique sur sa venue tardive au Salon de l’agriculture, le 6 mars, Nicolas Sarkozy a souligné que venir au salon « cela fait partie de la tradition, du folklore ». Il a résumé quelque peu maladroitement une visite type d’un politique au salon en minimisant son importance : « On prend les cadeaux, on embrasse les petites filles, on se fait photographier devant les plus belles bêtes (…), on fait la publicité de la nouvelle pomme, on encourage les producteurs de fraises, on n’oublie pas les éleveurs de brebis ». « Mais ce n’est pas cela qui va sauver l’agriculture française », a-t-il ajouté. Sa visite s’est déroulée sans mouvements visibles d’humeur du monde paysan. Dans un second temps, après deux heures de parcours, il a retrouvé les organisations agricoles représentatives, dont l’ensemble des syndicats agricoles ainsi que l’Ania pour une table ronde.

« Naïveté confondante »
Dans son exposé quelque peu embrouillé, le président a, de nouveau, défendu « la préférence communautaire ». « Je dis aux partenaires de l’Europe que l’on peut discuter d’une baisse de budget de la Pac, à la condition d’avoir de la préférence communautaire », a-t-il insisté. Pour lui, « cette préférence communautaire est parfaitement compatible avec l’OMC ». Accusant l’Europe d’être d’une « naïveté confondante, ouvrant toutes ses frontières sans aucune protection », il a évoqué le « pouvoir vert » que constitue l’agriculture. Dans ce contexte, il a indiqué avoir « besoin de l’unité de la profession » dans l’optique du « combat européen qu’il mènera avec acharnement sur la Pac ». Il a demandé aux syndicats représentatifs des filières agricoles et agroalimentaires de « définir une position commune sur les outils de régulation de la Pac de 2013 ».

Modifier le droit de la concurrence
Il a également souhaité que face aux distributeurs, « les producteurs se regroupent ». « Nous vous aiderons à peser sur le partage de la valeur ajoutée », a-t-il promis. À ce propos, il a annoncé qu’il allait « demander la modification du droit de la concurrence » dans l’Union européenne.
Alors que les risques de manifestations sur le parcours de président étaient pris très au sérieux par ses conseillers, c’est un groupuscule « no Sarko day », avec 7 activistes, qui s’est fait entendre quelques minutes lors de sa visite. Arrivé avant l’ouverture pour être plus tranquille, Nicolas Sarkozy a passé près de deux heures au salon, limitant sa visite aux halls de l’élevage et des productions végétales avant de rejoindre la table ronde. Force est de constater qu’il a pris plus de temps avec ses interlocuteurs croisés lors de son périple au salon que lors des deux éditions précédentes. Il pouvait difficilement passer moins de temps à arpenter le salon. Sa venue tardive a créé une attente.

Entremont-Sodiaal : « Une très bonne opération »
Pascal Massol, le leader de l’Apli, venu « tout seul » ce 6 mars, a réussi à approcher le président. Il a réclamé un rendez-vous au chef de l’État que Nicolas Sarkozy lui a promis. Sur son parcours, il a eu un long échange avec Gérard Budin, le président de Sodiaal, et Henri Brichart, le président de la FNPL, en présence de Jean-Michel Lemétayer. La reprise d’Entremont par Sodiaal a été évoquée. « Le président a estimé que c’était une très bonne opération qui devait se faire » a commenté Gérard Budin, suite à son entrevue. L’opération semble donc en bonne voie.
Nicolas Sarkozy a fait l’annonce attendue d’une rallonge budgétaire de 50 millions d’euros permettant d’honorer les intérêts d’emprunt des prêts de trésorerie et de consolidation. En tout, depuis le milliard annoncé lors de son déplacement à Poligny dans le Jura, le 28 octobre, les prêts à taux bonifiés consentis par les banques (1,5 % pour les agriculteurs et 1 % pour les jeunes) atteindront la somme de 1,8 milliard d’euros.
Au niveau international, Nicolas Sarkozy a dit son intention de « mettre le thème de la régulation des prix au cœur de l’activité du G 20 ». « Je ferai pour l’agriculture française et européenne ce que nous avons essayé de faire quand il y a eu la crise financière », a-t-il promis.

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