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Politique Nicolas Sarkozy : « Il faut arrêter de parler restructuration des filières mais le faire »

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Nicolas Sarkozy, lors de son inauguration des « Terres à l’envers » en banlieue de Strasbourg, le 16 septembre, a plaidé pour la « restructuration des filières agricoles ». « Il faut arrêter de parler de restructuration des filières, il faut qu’on la fasse sinon on ne pourra pas y arriver », s’est-il exclamé lors d’une prise de parole informelle, après plus d’une heure trente d’inauguration du site des finales de labour nationale et européenne.

Sur un air de campagne électorale, Nicolas Sarkozy n’a pas loupé son rendez-vous en Alsace. Il avait promis lors de son dernier déplacement dans le Bas-Rhin, lors de la présentation de ses vœux à la France rurale, de faire l’inauguration des finales européenne et nationale de labour. Le chef de l’Etat, détendu et tout sourire, a passé près de deux heures sur le site des « Terres à l’envers », respectant un parcours balisé mais prenant le temps d’écouter les doléances des professionnels de l’agriculture. Le président s’est même fait expliquer la technique du labour, et s’est visiblement intéressé à ce qu’on lui montrait. Sur le fond, Nicolas Sarkozy a rodé son discours de campagne à destination du monde agricole.
« Naturellement pour la France l’enjeu agricole est majeur », a rappelé sans surprise le président. « L’avenir de l’agriculture ne passera pas par l’assistanat mais par la compétitivité ». Le mot «central » est la compétitivité, a-t-il insisté, plaidant pour le « changement » dans l’agriculture
Il a rappelé, dans « un discours de vérité », qu’un agriculteur est un « entrepreneur, attaché à sa liberté ». « Le mettre dans une interprofession n’est pas naturel », a-t-il lancé devant un auditoire conquis. Pourtant, « nos propres groupements de producteurs se font concurrence entre eux », a-t-il argumenté. L’organisation des filières est donc indispensable. Et le président n’hésite pas à parler de restructuration des filières agricoles. Il l’a évoqué lors de sa visite mais aussi dans son intervention. « Il faut arrêter de parler de restructuration des filières, il faut qu’on la fasse sinon on ne pourra pas y arriver », s’est-il exclamé. Alors que le monde agricole a raté son implication dans « la distribution » à l’époque de son émergence, Nicolas Sarkozy veut aussi s’attaquer au prix de vente des produits agricoles en GMS.

Des verrous

Interpellé par le problème du coût des salariés permanents, notamment dans les filières fruits et légumes, Nicolas Sarkozy a évoqué « deux verrous ». Ces aides pour les salariés permanents doivent être « eurocompatibles » et « il y a un contexte », a-t-il souligné. « Avec moi, ce n’est pas Glavany mais Bruno Le Maire ! », a souligné Nicolas Sarkozy en référence aux aides distribuées par l’ancien ministre de l’Agriculture du PS. Par ailleurs, les caisses de l’Etat sont vides. Difficile alors de privilégier une catégorie de population au détriment d’une autre à 8 mois des élections présidentielles. Nicolas Sarkozy attend, pour la fin du mois le rapport du député Reynes qui doit lui soumettre des propositions de financement. Rappelons que l’allègement des charges patronales touchant les salariés permanents a été promis par François Fillon pour 2012, lors du congrès de la FNSEA.
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a plaidé pour « la concurrence loyale » qui doit permettre de ne pas accepter des produits qui ne sont pas aux normes françaises et européennes sur le territoire. Très applaudi sur ce point, le chef de l’Etat a résumé sa pensée : « Je crois à la liberté du commerce et à la concurrence loyale ».
Au sujet de la Pac, il a justifié le « bilan de santé ». « Si la Pac n’est pas juste, vous ne l’aurez plus», a-t-il prévenu. Sur un ton de candidat à la présidentielle, il a exhorté les agriculteurs « à faire le pack avec nous ». « Aidez-nous !, a-t-il lancé. Ceux qui vous promettent des subventions, ils vont les trouver où ? », s’est-il interrogé. « Quand on regarde la télévision, c’est qui veut dépenser plus ! », a-t-il ajouté en réponse au premier débat regroupant les candidats à la primaire socialiste qui s’était déroulé la veille. Côté UMP, la campagne agricole à l’élection présidentielle est lancée.

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