Au lendemain de la censure du gouvernement, le président de la République a promis un nouveau budget début 2025. Des négociations de non-censure ont débuté entre la gauche et la droite. Le socialiste Potier promet un budget agricole préservé « en volume ».
Au lendemain du renversement du gouvernement Barnier, le président de la République Emmanuel Macron a annoncé, dans son allocution aux Français le 5 décembre, que le futur locataire de Matignon devra nommer un gouvernement « resserré » et « d’intérêt général », dont la « priorité sera le budget ». À ce sujet, le chef de l’État a appelé à un travail en deux temps. D’abord, une « loi spéciale » et « temporaire » qui a été présentée le 11 décembre en Conseil des ministres, et qui « appliquera pour 2025 les choix de 2024 ». « Cette loi temporaire permettra, comme c’est prévu par notre Constitution, la continuité des services publics et de la vie du pays. Elle appliquera pour 2025 les choix de 2024 », a indiqué le président. Puis, « en début d’année, ce gouvernement préparera un nouveau budget », notamment « pour aider nos agriculteurs en difficulté, ils attendaient ce budget ».
Tombé à la suite de la censure du gouvernement, le projet de loi de finances (PLF) pour 2025 prévoyait une baisse des crédits du ministère de l’Agriculture pour la transition écologique, ainsi que plusieurs allègements fiscaux (transmission des exploitations, cheptel bovin, etc.) Le déploiement des prêts garantis par l’État pourrait aussi être affecté. Quant au projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS), il comportait plusieurs articles agricoles portant sur les retraites agricoles, le TO-DE, l’exonération applicable aux jeunes agriculteurs, la taxe soda, ou encore la fiscalité sur les sucres ajoutés. En attendant, des agriculteurs de la FNSEA s’en sont pris à une trentaine de permanences de députés ayant voté la motion de censure.
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Les assurances de Potier
Alors que plusieurs partis, dont le Parti socialiste et Les Républicains, ont commencé à discuter d’un accord de non-censure, le député socialiste Dominique Potier, visé par des manifestants, assure que le budget agricole sera maintenu « en volume » par rapport à celui qui a été discuté à l’Assemblée avant la censure. Dans le cadre d’une loi de finances débattue en début d’année prochaine, « je ne doute pas que l’ensemble des forces politiques convergeront en ce sens », assure le spécialiste des questions agricoles. « Au monde agricole, je dis : " Ne doutez pas de la solidarité nationale ". Nous veillerons à ce qu’elle soit orientée de façon équitable et soit économiquement plus efficace. Et nous ferons tout notre possible pour compléter les crédits manquants pour l’adaptation au dérèglement climatique et pour faire face à crise sanitaire dans l’élevage ». Quant aux engagements non budgétaires faits par les gouvernements précédents, « ils seront naturellement arbitrés en vue de l’intérêt général », estime-t-il.