En poussant l’analyse jusqu’à la limite de détection, l’association Générations futures publie un nouveau rapport sur les résidus de pesticides dans l’alimentation et appelle à « la précaution ».
Générations futures indique que 62 % des aliments d’origine végétale, non bio et vendus en France, présentent « au moins un résidu de pesticide détecté », dans un rapport dévoilé à la presse le 17 décembre. Ce chiffre provient d’une analyse de 1 996 échantillons correspondant à 35 aliments d’origine végétale, à partir de données 2022 de la DGCCRF dans le cadre du plan de surveillance des résidus de pesticides dans l’alimentation. Concernant la méthodologie, l’association s’est intéressée à la limite de détection (minimum détectable) des résidus, plus faible que la limite de quantification (minimum quantifiable), pour avoir une vision plus fine de l’exposition des consommateurs, a expliqué son porte-parole François Veillerette. Les fruits sont la catégorie la plus fréquemment représentée, avec 80 % des échantillons contenant au moins un résidu de pesticide détecté, devant les légumes (48 %), les céréales (56 %), et les vins (73 %).
Potentiellement à risque
Au-delà des ces résultats généraux, Générations futures a examiné l’appartenance des résidus détectés à « certaines classes de danger pour la santé humaine » : cancérigène, mutagène et reprotoxique (CMR), perturbateurs endocriniens (PE) et per- et polyfluoroalkylés (PFAS). D’après l’association, 56 % des fruits testés présentent au moins un résidu CMR. Dans le trio de tête figurent la cerise (90 % des échantillons testés) – fruit pour lequel le phosmet n’est plus utilisé depuis novembre 2022 –, le citron vert (88 %) et la clémentine et mandarine (84 %). Dans une moindre mesure, 23 % des légumes présentent au moins un résidu CMR avec en premier lieu le fenouil (46 % des échantillons), suivi de la salade (43 %) et de la courgette (38 %). De même, 17 % des céréales échantillonnés (riz, blé, orge) et 32 % des vins présentent au moins un résidu CMR.
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Concernant les résidus de pesticides classés PE, il en apparaît au moins un dans 67 % des fruits (notamment clémentine/mandarine, prune et raisin) ; dans 32 % des légumes (notamment concombre, fenouil, poivron), et dans 32 % des céréales et vins. Enfin, 34 % des fruits, 21 % des légumes, 6 % des céréales et 10 % des vins testés présentent au moins un résidu PFAS, le plus fréquemment détecté étant le fluopyram, une substance fongicide SDHI. Dans ce rapport « on ne fait pas d’évaluation de risques », rappelle François Veillerette. « Simplement [on porte] un message de précaution, en disant que c’est mieux d’éviter l’exposition de la population à ces substances-là », d’autant « qu’on est aussi exposés à des cocktails ».