Peu de temps après l’annonce de l’arrêt de l’activité de sa raffinerie à Marseille, Saint-Louis Sucre envisage de fermer pour la campagne 2008 l’une de ses cinq sucreries françaises, située à Guignicourt, dans l’Aisne. Cette décision reste suspendue à l’approbation de la réforme européenne de l’OCM sucre qui devrait être entérinée au mois d’octobre prochain. Saint-Louis Sucre prévoit d’apporter sa contribution à hauteur d’au moins 13,5 % de son quota.
La réforme européenne de l’OCM sucre provoque de nombreuses restructurations dans la filière sucrière. Récemment, Saint-Louis Sucre, deuxième sucrier français et filiale de l’allemand Südzucker, a décidé d’arrêter l’activité de raffinage de son usine située à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône Cf Agra alimentation n°1961 du 08/02/2007 page 22, entraînant la suppression de la moitié des 247 postes. 400 personnes ont d’ailleurs manifesté la semaine dernière pour protester contre cette fermeture. Rappelons également que le britannique Tate and Lyle et le sucrier français avaient annoncé leur décision d’arrêter l’activité de leurs cinq usines en Europe de l’Est, via leur co-entreprise Eastern Sugar. C’est très vraisemblablement au tour de la sucrerie de Guignicourt dans l’Aisne de supporter les frais de la réforme. Lors du comité central extraordinaire du 22 mai dernier, la direction de Saint-Louis Sucre a annoncé qu’elle envisageait la fermeture de la sucrerie au cours du premier trimestre 2008. « Si le nouveau projet de réforme du régime sucrier rendu public par la Commission européenne le 8 mai dernier est confirmé en octobre prochain, et dans le cadre d’une solution nationale d’adaptation de la production française par appel au fonds de restructuration, Saint-Louis Sucre pourrait apporter sa contribution à hauteur d’au moins 13,5% de son quota », explique Héléna Nicolas-Schmelz, directrice communication du sucrier français.
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Ajustement de la production
Saint-Louis Sucre devra alors ajuster sa production française, entraînant la fermeture de l’une de ses cinq sucreries installées dans l’Hexagone. En 2005-2006, le groupe français a produit quelque 975 000 tonnes de sucre en France. Quant à l’usine de Guignicourt, elle a produit 170 000 tonnes de sucre blanc. La FGTA-FO s’est dit « scandalisée par cette nouvelle décision qui intervient trois mois après la fermeture de la raffinerie Saint-Louis Sucre de Marseille ». Le syndicat est déterminé à renforcer ses actions. « Il étudiera bien entendu toutes les solutions pour l’emploi des 150 salariés de l’établissement de Guignicourt, mais sollicitera aussi une intervention ministérielle ». Par ailleurs, Carsten Stahn a été confirmé dans ses fonctions de président du directoire de Saint-Louis Sucre, en remplacement de Frédéric Rostand remercié par le groupe allemand Südzucker en avril dernier, les syndicats y voyant un indice supplémentaire de futures restructurations.