L’exercice 2023 s’est révélé de bonne facture pour le groupement de volaille-ponte Armor Œufs (Morbihan), qui a mis en marché 1,5 milliard d’œufs issus de 126 élevages.
Les résultats économiques des éleveurs adhérents du groupement morbihannais Armor-Œufs « sont corrects, […] bien qu’en recul par rapport aux deux excellentes années 2021 et 2022, la baisse du nombre de poulettes élevées par nos adhérents [en étant] la principale cause », explique le président d’Armor-Œufs, Frédéric Chartier. Il s’exprimait lors de l’assemblée générale du groupement, qui commémorait ses cinquante ans le 5 avril à Pontivy (Morbihan). À la tête d’une production de 1,5 milliard d’œufs issus de 5,27 millions de poules pondeuses (11 % de la production nationale), les 126 adhérents d’Armor Œufs ont bénéficié en 2023 d’une revalorisation des contrats avec leur partenaire Sanders. Avant d’appartenir au groupe Avril, la firme spécialisée en nutrition animale était dans le giron de Glon, à l’origine de la création du groupement en 1974.
Sanders et ses clients ont compris « que nous devons avoir un modèle économiquement viable qui permette à l’éleveur de vivre de son métier », poursuit Frédéric Chartier. Précisément, les contrats ont été revalorisés l’an passé de l’ordre « de 45 centimes aux 100 œufs en fonction du contrat d’électricité et de la puissance souscrite, ce qui équivaut à une hausse des tarifs de 4 à 5 % en 2023, explique Thierry Coatrieux, directeur du groupement. La même hausse devrait être reconduite cette année. »
Objectif 15 % de cages
Le contexte est favorable en France avec une consommation en hausse, à 224 œufs par habitant et par an (+2 en deux ans), soit 140 millions d’œufs en plus en deux ans. Le groupement breton a poursuivi l’an passé la transformation de son parc. Le mode de production « cages » reste dominant (40 %), mais la tendance baissière se confirme au profit des modes alternatifs. « Dans les prochaines années, on peut imaginer descendre la part des cages à 15 % », poursuit Thierry Coatrieux. Mais pour y parvenir, le groupement va devoir mettre les bouchées doubles en matière de recrutement.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Ces dernières années, si Armor Œufs a enregistré l’entrée en production de dix à quinze nouveaux producteurs chaque année, pour doper sa transition en plus de la transformation des producteurs déjà en place, l’effort à fournir pour atteindre les 15 % va nécessiter l’installation « de vingt à vingt-cinq nouveaux producteurs par an dans les prochaines années », souligne le directeur du groupement. Il faudra composer avec des évolutions réglementaires qui pourraient contraindre un peu plus la production – normes IED votées au Parlement européen le 12 mars, révision en cours de la réglementation PAR7 (nitrates), etc.
Pour accompagner dans leurs choix économiques les éleveurs en contrats de reprise (60 % des cas, les autres étant en contrat d’intégration), Armor Œufs a mis sur pied un observatoire des charges non indexées (hors aliment et poulettes). L’objectif consiste à les aider dans le pilotage le plus fin de leurs consommations d’électricité, par exemple. Ces charges non indexées représentent 30 à 35 % du coût de production d’un œuf.