Avec la méthode la moins coûteuse, l’ovosexage coûterait au moins 64 M€ par an, a affirmé le CNPO (interprofession) le 20 mai. La filière veut répercuter dans le prix final ce surcoût provoqué par la fin de l’élimination des poussins mâles.
Le déploiement à grande échelle du sexage in ovo (détection du sexe de l’embryon dans l’œuf) en poules pondeuses provoquerait un surcoût « d’au moins 64 millions d’euros (M€) par an », indique le CNPO (interprofession des œufs) lors d’une conférence de presse le 20 mai. Une somme qui représente « 4 % du chiffre d’affaires de la filière », évalue son secrétaire général Maxime Chaumet. Actuellement, en l’absence d’ovosexage, les futures poules pondeuses sont triées à la naissance. Pour obtenir 50 millions de pondeuses femelles, autant de poussins mâles sont tués chaque année après l’éclosion. Pour parvenir à ce chiffre de 64 M€, l’Itavi (institut technique) s’est basé sur la méthode la moins onéreuse actuellement disponible : celle du groupe allemand AAT, dont la prestation est facturée 1 € par animal. « Un poussin coûte en moyenne 80 centimes », rappelle le président du CNPO Philippe Juven. L’autre méthode disponible (Seleggt) est plus chère et présente une cadence moindre, mais elle permet de sexer les œufs plus tôt (au 9e jour d’incubation au lieu du 13e pour AAT). Une troisième méthode, celle du néerlandais In Ovo, sera bientôt commercialisée.
Dix millions d’euros à investir dans les couvoirs
À ce surcoût de fonctionnement s’ajouteraient 10 M€ d’investissements pour le maillon accouvage. Chaque couvoir devrait construire 200 m2 de surface supplémentaire pour installer les machines de sexage et « revoir le nombre d’incubateurs et d’éclosoirs ». « Il faut bien avoir en tête qu’il s’agit d’une révolution dans l’activité d’un couvoir », appuie M. Chaumet. Malgré la hauteur de la marche à franchir, « les opérateurs et la filière ont la volonté d’aller le plus vite possible », affirme-t-il. Car l’ancien ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a fixé l’objectif politique d’abolir l’élimination des poussins mâles fin 2021. Pour y parvenir, « l’ovosexage sera sans doute la méthode la plus utilisée », affirme Philippe Juven.
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Les autres pistes (élevage des mâles, souches mixtes) sont en cours d’évaluation et nécessitent de « trouver un marché ». Ces solutions « vont faire l’objet d’un arbitrage afin de trouver un équilibre acceptable entre bien-être animal, faisabilité technique et viabilité économique », indique le CNPO dans son dossier de presse du 20 mai. Il est très probable que les trois cohabiteront. Mais quelle que soit la méthode, la fin de l’élimination des poussins mâles « implique un coût supplémentaire qui devra être nécessairement intégré au prix final de l’œuf », martèle l’interprofession.