La production française d’œufs a retrouvé un niveau comparable à celui d’avant la crise IAHP, mais la production reste inférieure à la demande, qui a beaucoup progressé depuis.
La production française d’œufs « retrouve un niveau comparable à celui d’avant la crise IAHP (2022-2023) » sans toutefois rattraper la consommation, selon l’observatoire économique des filières animales Abcis (bureau d’étude des instituts techniques). Ainsi, la production a progressé de 3,7 % au premier trimestre 2026 et la consommation de 6,2 % par rapport au premier trimestre 2025. La filière devrait continuer cette année à se remettre de plusieurs mois de tensions et de pénuries, « mais les enjeux liés à la sortie de l’élevage en cage, notamment à l’approche des échéances d’engagements de la GMS, pourraient continuer à peser sur l’offre », analyse Abcis. Le bureau d’études rappelle que la transition vers des systèmes alternatifs à la cage aménagée (au sol ou en plein air) implique des arrêts temporaires d’élevages et une fois les travaux de conversion réalisés, une perte de capacité est observée. « Un effort accru de construction de nouvelles places d’élevage sera nécessaire pour compenser les capacités perdues et répondre à la demande », conclut-il.
Espoir de tensions résorbées au second semestre
Les tensions dans les rayons devraient s’estomper d’ici à la fin de l’année, estime la directrice de l’interprofession CNPO au vu du déploiement de poulaillers au cours des derniers mois et des projets devant aboutir et entrer en production en 2026. Elle nuance toutefois que cela dépend de la consommation, qu’elle voit poursuivre sa dynamique. L’œuf en effet, est une protéine de plus en plus recherchée du fait de son coût modéré et de ses nombreuses possibilités de préparation. Les nouvelles hausses du coût de la vie, consécutives au blocage du détroit d’Ormuz, peuvent renforcer cet engouement. La tension sur les approvisionnements entraîne des importations. France Agrimer, dans sa note de conjoncture d’avril, montrait une augmentation 5,3% en cumul sur janvier et février des œufs et ovoproduits importés (en équivalent œufs coquille). Mais les 5% d’augmentation de la production en mars 2026 par rapport à mars 2025 sont un bon signe. En détail, d’après cette note de conjoncture, la production d’œufs alternatifs a progressé (de 6,4%) en un an et celle d’œuf de poules en cage de 1,2%.
L’objectif du CNPO est d’assurer l’autosuffisance en France hexagonale. En février dernier, le comité interprofessionnel constatait que la consommation nationale d’œufs, achetés en coquille ou sous forme transformée, avait progressé de 5% entre 2024 et 2025. Ce rythme avait conduit la filière française à rehausser son estimation du parc de production nécessaire pour assurer l’autosuffisance : alors qu’elle envisageait 300 nouveaux poulaillers de tailles diverses en 2030, elle en vise désormais 575 pour 2035.