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Œufs : les règles françaises de commercialisation en débat

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Un arrêté portant sur les exemptions de marquage des œufs est en discussion au ministère de l’Agriculture. Une députée souhaite par ailleurs assouplir la réutilisation des boîtes d’œufs.

Le CNPO (interprofession) a reçu le 11 juillet un projet d’arrêté portant sur les exemptions aux obligations de marquage des œufs, la DGAL donnant à l’interprofession une quinzaine de jours pour répondre, apprend-on de sa directrice Alice Richard. L’arrêté vise à transcrire en droit français le règlement européen sur le marquage des œufs, ce qui devait être fait en novembre 2024, rappelle-t-elle. La vente à la ferme est exemptée de fait, ainsi que les œufs destinés à l’industrie, explique-t-elle. Les producteurs d’œufs Label Rouge et IGP qui livrent des centres dédiés de conditionnement (en LR ou IGP), ou les sites de production reliés directement à un centre d’emballage le seront aussi, conformément à ce que souhaitait le CNPO, dit-elle, en attendant de voir remonter les avis des professionnels. Quelques ambiguïtés méritent d’être levées, selon Emmanuelle Souday, consultante en circuits courts à la chambre régionale d’agriculture des Pays de la Loire. « J’ai l’impression que les poulaillers mobiles, qui ne sont pas attenants à un centre de conditionnement ne sont pas pris en compte », confie-t-elle à Agra Presse. Elle dit avoir à ce titre posé la question aux chambres d’Agriculture.

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Vente directe et boîtes d’œufs

Dans une question écrite à la ministre de l’Agriculture, publiée au JO le 15 juillet, la députée des Haute-Alpes Valérie Rossi (Soc. Et apparentés) rapporte le souhait de producteurs d’œufs en vente directe de pouvoir réutiliser les boîtes d’œufs en carton rapportées par les consommateurs. « Cette pratique, aujourd’hui non encadrée, suscite des interrogations quant aux conditions sanitaires requises, notamment au regard des risques de contamination croisée. ». La députée souhaite donc savoir si le gouvernement envisage de définir des conditions sanitaires précises permettant d’encadrer cette pratique dans le respect des normes d’hygiène et de sécurité alimentaire. Elle invoque le règlement européen relatif aux emballages et déchets d’emballages (PPWR), en vigueur depuis 2025, encourage la réduction et le réemploi des emballages. Emmanuelle Souday, à qui Agra Presse a soumis cette question, ne s’étonne pas que les DDPP (préfecture) refusent la réutilisation des boîtes. Mais elle se dit curieuse d’une réponse ministérielle sur les plateaux livrés à l’industrie, qui ne posent pas de problème d’hygiène a priori. « Des éleveurs se demandent s’ils doivent passer au plastique et s’équiper d’une laveuse », signale-t-elle.

Réutiliser les boîtes d’œufs en carton rapportées par les consommateurs