Dix-huit régions d’Europe de France, d’Italie, d’Espagne, d’Allemagne, du Portugal et de Pologne ont annoncé le 14 mai à Bordeaux la création d’une Association des Régions européennes pour les productions d’origine (AREPO) pour contrecarrer les effets de la mondialisation sur les produits du terroir. De son côté, ORIGIN, le réseau international des producteurs d’indications géographiques, lance une campagne pour obtenir une reconnaissance de la protection des denrées alimentaires lors des négociations de l’OMC.
Les fondateurs de l’AREPO vont s’efforcer d’instituer un lobby politique pour éviter que l’on copie au rabais les noms d’origine des denrées alimentaires. Dans ce contexte, ils entendent profiter du prochain renouvellement du Parlement européen pour sensisibiliser les nouveaux députés à l’enjeu de la protection des dénominations.
Le but de l’AREPO est de peser dans les négociations européennes et mondiales en vue de la reconnaissance des appellations d’origine.
Actuellement, près de 600 produits alimentaires sont protégés au niveau européen par une indication géographique (AOP, Appellation d’Origine Protégée ou IGP, Indication Géographique protégée) qui offre une protection contre un usage abusif des marques collectives et permet d’apporter aux consommateurs une garantie d’origine, de qualité et de savoir-faire. Actuellement, l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) ne reconnaît pas les noms d’origine, concept que refusent les pays, comme les Etats-Unis, le Canada, la Nouvelle-Zélande ou l’Australie, qui préfèrent s’en tenir à la protection des marques déposées.
Avec à sa tête le président de la région Aquitaine, Alain Rousset, l’AREPO réunit six régions françaises (Aquitaine, Limousin, Midi-Pyrénées, Basse-Normandie, Haute-Normandie et Corse), six espagnoles (Andalousie, Pays Basque, Catalogne, Valence, Navarre, Castille et Leon), trois italiennes (Emilie-Romagne, Piémont, Toscane), une allemande (Hesse), une portugaise (Açores) et une une polonaise (Poméranie).
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Les Indications géographiques œuvrent en faveur du développement durable
ORIGIN, qui organise le 27 mai prochain à Genève dans les locaux de l’OMC une table ronde sur la protection des indications géographiques, souligne que la défense des produits du terroir intéresse un certain nombre de pays, tant du Nord que du Sud, qui voient dans les Indications géographiques un instrument de développement durable important.
« Lors de cette table ronde, souligne ORIGIN, nous allons rappeler que l’amélioration de la protection des IG est un des dossiers clés du cycle de Doha pour de nombreux pays développés et en développement. Il s’agit en effet de défendre un concept de commerce équitable qui permet la localisation des productions dans le cadre de la mondialisation des échanges » Créé en 2003, le réseau ORIGIN regroupe plus de cent producteurs d’une trentaine de pays d’Afrique, d’Amérique latine et du Nord, d’Asie, d’Europe de l’Est et de l’Ouest.
Mention de l’origine sur le lait frais italien
La Commission européenne a accepté la demande de l’Italie de pouvoir mentionner sur les étiquettes l’indication de l’origine du lait frais. L’organisation agricole Coldiretti s’est félicitée de cette décision qui intervient après l’étiquetage d’origine pour la viande bovine et les fruits et légumes frais, et le code d’identification pour les œufs. La Coldiretti a lancé une campagne pour l’indication obligatoire, sur l’étiquetage, de l’origine des produits alimentaires, à laquelle ont adhéré près d’un million de citoyens ainsi que des associations de consommateurs, de nutritionnistes et de défense de l’environnement. Elle espère que la transparence ainsi introduite permettra de « freiner la brusque chute de la consommation d’un produit alimentaire si déterminant ». L’achat de lait de consommation a baissé de 4,2 % durant les deux premiers mois de cette année et les Italiens ont consommé 19 % de lait frais en moins par tête au cours des cinq dernières années.