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Osmosun, une réponse solaire à la soif d’eau dessalinisée

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L’unité de dessalement d’Osmosun au Maroc peut produire jusqu’à 140 M3 d’eau douce par jour. Crédits : © Osmosun

Créé en 2014, Osmusun développe des solutions de potabilisation des eaux de mer ou des eaux saumâtres. Ces installations de dessalement par osmose inverse fonctionnent grâce à l’énergie solaire photovoltaïque sans batterie. 

Aux portes du désert du Sahara, une plantation de 38 hectares d'arbres fruitiers et de plantes aromatiques a vu le jour à Guelmim-Oued Noun (Maroc) en juillet 2024. À l’origine de cette prouesse, l’offre de dessalement d’eau de mer et d’eau saumâtre développée par Osmosun, société créée en France en 2014 par Marc Vergnet et Maxime Haudebourg

« Nous sommes dans un monde qui change, avec une accessibilité à l’eau douce moindre et des besoins croissants. Au départ, il faut être beaucoup plus efficient, et optimiser les solutions techniques existantes, en réduisant les fuites, en récupérant les eaux usées… Mais le dessalement de l’eau sera inéluctable. C’est pour cela que les fondateurs d’Osmosun ont souhaité réfléchir à un dessalement responsable », précise Maxime Therrillon, directeur commercial d’Osmosun.

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Face à l’augmentation du stress hydrique mondial, la demande en unités de dessalement connaît un véritable boom. Mais cette ruée vers l’eau douce a un coût, notamment énergétique. 

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Osmosun a donc développé une solution « bas carbone » de dessalement d’eau de mer et d’eau saumâtre fonctionnant sur l’énergie solaire. Cette technologie de filtration de l’eau par osmose inverse, un procédé consistant à pousser sous haute pression l’eau à travers une membrane, retient jusqu’à 95% des particules de sel et 99% des impuretés. Osmosun indique dans son document d’enregistrement préalable à son introduction en Bourse en juin 2023, que sa technologie est considérée comme « 4 fois moins énergivore que les solutions thermiques (utilisant des énergies fossiles, ndlr) : 1,5 à 4 kWh/m3 pour l’osmose inverse, contre 6 à 13 kWh/m3 pour l’énergie thermique ». Le brevet déposé par l’entreprise porte sur un processus à osmose inverse variable capable de s’adapter instantanément à la quantité d’énergie disponible. 

Des solutions moins énergivores et couteuses 

Le 17 octobre 2024, Osmosun et son partenaire africain IWS (Impact Water Solutions), annonçaient avoir produit 10 millions de litres d’eau douce dans leur unité de dessalement près du Lac de Goubet à Djibouti, mise en service durant l’été 2023. Cette installation qui fournit de l’eau potable pour plus d’un millier de personnes, est alimentée par une centrale photovoltaïque de 40 kWc, sans batterie, ni liaison avec le réseau d’électricité. Le recours à des panneaux solaires fonctionnant sans batterie pour la production et distribution de l’eau permet d’éviter l’émission de près de 45 tonnes de CO2 par an. 

Parallèlement, Osmosun mise sur le phytodessalement avec un premier test dans la ville de Gandiaye, au Sénégal. Cette solution jugée « pertinente » par la société d’investissement Portzamparc (Groupe BNP-Paribas) dans une note de septembre 2023, repose sur « la mise en culture de plantes halophiles qui ont la capacité de venir fixer les sels et de limiter les rejets par évapotranspiration. Ce procédé réduit l’infiltration des sels dans les sols et préserve leur fertilité ». Et sur le plan économique, « le concentrat deviendrait un sous-produit intéressant, capable de produire une biomasse valorisable localement ». 

Avec plus de soixante unités de dessalement installées dans une vingtaine de pays, Osmosun affichait un chiffre d’affaires de 1,5 M€ au premier semestre 2024. « Compte tenu de l'activité enregistrée au premier semestre et des contrats inscrits au carnet de commandes, le chiffre d'affaires de l'exercice 2024 devrait être stable par rapport à celui de l'année précédente », précisait le groupe dans son communiqué du 29 octobre 2024 publié à l'occasion de ses comptes semestriels. En 2023, Osmosun affichait un chiffre d'affaires de 3 M€.