Une nouvelle étape est en train de se jouer dans l'application des principes de la politique agricole commune. Une grande part des subventions, celles du second pilier de la Pac sera dévolue aux régions françaises. On connaît la justification : le « principe de subsidiarité » veut que partout où on peut gérer un problème localement, on le gère localement. Qui irait contester aujourd'hui la régionalisation ? Le centralisme a du plomb dans l'aile, réputé peu efficace et surtout coûteux. De l'extrême droite à l'extrême gauche tout le monde est décentralisateur.
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Et pourtant ! Si l'on juge sur le long terme l'évolution d'une politique comme celle de l'agriculture, on peut être amené à douter. Naguère, la Pac était une et indivisible. Une même politique, de soutien des prix, s'appliquait partout, au risque, sans doute, de créer quelques rentes de situation et des excédents. En 1992 sont nées des premières adaptations nationales. Puis vinrent les élargissements successifs avec quelques régimes spécifiques, transitoires, pour les nouveaux pays membres. On arrive à la dernière réforme, celle qui s'appliquera sur 2015-2020. Les variations et adaptations nationales sont si importantes qu'il a fallu près de six mois en France pour les décider. La Pac est devenue une Pac à la carte. Voilà la régionalisation qui va introduire un nouvel échelon de gestion, de nouvelles causes de variations. Pendant ce temps, on sait que l'agriculture devient de plus en plus dépendante de politiques non agricoles et surtout non communes : fiscales, sociales (coûts du travail), environnementales, etc. La Pac n'est plus commune. Est-ce une bonne ou mauvaise chose ? On peut s'interroger. Si l'Allemagne a dépassé la France en tant que puissance agricole et agroalimentaire, c'est aussi en grande partie lié à cette nouvelle Pac à la carte dont nos voisins savent, peut-être davantage que nous, tirer des atouts .