Les régions, qui souhaitent gérer les futures aides à la transition, trouveront sur leur chemin la FNSEA, qui ne souhaite pas décentraliser davantage la gestion de la Pac. De son coté, Matignon veut réviser la gouvernance de l'installation.
Dans le cadre de la négociation de la future Pac, la présidente de Régions de France, Carole Delga, a demandé, à l’occasion d’une conférence de presse le 25 février, que les conseils régionaux puissent conserver leur périmètre de gestion actuel (aides à l’investissement et à l’installation), en gérant également les paiements à la place de l’ASP (agence de service et de paiement), promettant d’accélérer les versements de un à deux mois. Ce n'est pas gagné. Lors d'une table ronde le 26 février, le Premier ministre a évoqué le dossier de la répartition des tâches entre l'État et les régions sur le dossier installation, évoquant le besoin d'un « tronc commun ».
De leur côté, les régions souhaitent également obtenir la gestion des futures mesures de transition. Ces aides pourront être annuelles (comme les actuels éco-régimes) ou pluriannuelles (comme les Maec).
Par ailleurs, le président de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, a demandé que la ministre de l’Agriculture annonce rapidement la répartition des reliquats d’aide à la conversion en bio (CAB) pour l’année 2025. L’enjeu est de pouvoir utiliser dans les temps les fonds qui pourront être alloués aux aides à l’investissement. Pour les co-financer, les régions doivent adopter des budgets rectificatifs et sont soumis à des dates limites resserrées pour cette fin de programmation.
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Pas de Pac au congrès
Deux jours plus tôt, la FNSEA a indiqué qu’elle tentera de contrecarrer les plans des régions. Le membre du bureau de la FNSEA Yannick Fialip a indiqué, à l’occasion d’une conférence de presse le 23 février, qu’il ne souhaitait pas décentraliser davantage les aides et leur cofinancement vers les régions. « Il faut conserver un cadre national, la proposition actuelle laisse beaucoup de possibilités », explique l’éleveur de Haute-Loire à Agra Presse. Les régions cofinancent et gèrent actuellement les aides à l’installation et à l’investissement, et plusieurs sont candidates à gérer davantage de dispositifs, comme la région Bretagne. La FNSEA est satisfaite de leur gestion de ces deux aides, mais ne souhaite pas aller plus loin dans la décentralisation. Et de souligner tout de même les distorsions actuelles de l’aide à l’investissement en aviculture.
Pour le reste de la déclinaison de la future Pac, la FNSEA ne souhaite pas encore entrer dans le détail. Questionné sur la proposition de la Coopération agricole de pousser davantage les dispositifs des programmes opérationnels (PO), Yannick Fialip botte pour l’instant en touche, renvoyant aux futurs débats internes du syndicat majoritaire. La déclinaison nationale de la future Pac ne sera pas au menu du prochain congrès de la FNSEA, a-t-il d’ailleurs indiqué.
MR