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Compétitivité Paris s’alarme de la perte de vitesse de l’agriculture française face à l’Allemagne

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Bruno Le Maire, le ministre français de l’agriculture, ne cache pas son inquiétude. L’Allemagne, explique-t-il, est « en train de prendre nos parts de marché dans toutes les filières agricoles ». Selon lui, l’agriculture française n’a plus de temps à perdre pour se doter « des instruments économiques pour se battre à armes égales avec nos voisins ».

Dans les filières de l’élevage, du porc, des fruits et légumes, du lait, « l’Allemagne est en train d’asseoir une position agricole beaucoup plus forte que ça n’était le cas auparavant », a déclaré le 27 avril M. Le Maire au micro de la radio France Inter. « Les importations de lait frais en provenance d’Allemagne depuis le début de l’année ont augmenté de 70 %. Je pense que personne ne peut se satisfaire de ça. Ça veut dire qu’il faut que nous fassions des efforts tous ensemble pour gagner en compétitivité filière par filière. Et c’est pour ça que au-delà de la loi de modernisation de l’agriculture, au-delà de la réforme de la PAC sur laquelle je suis engagé tous les jours, j’ai proposé que nous mettions en place des plans de développement filière par filière pour examiner nos retards de compétitivité avec l’Allemagne et pour point par point répondre à ces retards de compétitivité. Nous avons engagé le travail pour le lait, je suis prêt à le faire pour les céréales et les grandes cultures. Je souhaite également que nous fassions un plan de développement pour l’élevage et un plan de développement pour la filière des fruits et légumes », a encore précisé le ministre de l’agriculture.

Porc : les Allemands à la conquête de nouveaux marchés
L’Allemagne, qui a exporté 1,5 million de tonnes de viandes de porc en 2009, soit 8 % de plus qu’en 2008, conforte sa place de premier exportateur de l’UE, indique le Syndicat français de l’industrie de la viande et le syndicat national du commerce du porc (Sniv-Sncp ). L’essentiel de ce volume (1,3 million de tonnes) a été vendu aux pays européens. Les principaux marchés ont été l’Italie (283 000 t), la Pologne (185 000 t) et les Pays-Bas (150 000 t) ainsi que les pays de l’Est. La part des pays tiers dans les échanges extérieurs de l’Allemagne est restée modeste (200 000 t), avec deux principaux clients : la Russie et Hong Kong. Mais la puissante industrie allemande du porc a l’intention de partir à la conquête de nouveaux marchés, selon le Sniv-Sncp, qui indique que « la Corée vient d’agréer plusieurs établissements allemands ». Récemment les filières porcines belge, suédoise, française, néerlandaise et danoise avaient dénoncé un mouvement de délocalisation des entreprises de certains Etats membres vers l’Allemagne grâce aux conditions de production exagérément avantageuses dont bénéficient les producteurs d’outre-Rhin (1). A ces avantages compétitifs portant sur le coût du travail et les régimes d’assurance s’ajouteraient des taux réduits de TVA et des subventions spécifiques pour la production de biogaz.

(1) Voir n°3246 du 05/04/2010

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