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Parlement européen : la commission de l’agriculture sur les fonts baptismaux

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Le Parlement européen nouvellement élu a procédé lors de sa première séance plénière à l’élection de son président, le social-démocrate italien David Sassoli, et à la répartition des eurodéputés au sein des différentes commissions. Celle de l’agriculture, qui devrait être présidée par un social-démocrate – probablement l’Italien Paolo De Castro –, tiendra sa première réunion constitutive le 10 juillet.

Après que les chefs d’État et de gouvernement soient laborieusement parvenus à se mettre d’accord sur les nominations aux postes clefs des institutions de l’UE – pour les présidences de la Commission européenne, du Conseil et de la Banque centrale, ainsi que le Haut représentant pour les affaires étrangères (voir encadré) –, le Parlement européen, qui se réunissait pour la première fois à Strasbourg depuis les élections du mois de mai, a élu le 3 juin son président, le social-démocrate italien David Sassoli, ainsi que les vice-présidents et questeurs pour les deux années et demi à venir. Les nouveaux eurodéputés ont également adopté la composition des commissions parlementaires. Celle de l’agriculture et du développement rural comptera 48 membres contre 46 actuellement (12 sièges pour les démocrates-chrétiens du PPE, 10 pour les sociaux-démocrates, 7 pour les libéraux, 5 pour les Verts ainsi que pour Identité et Démocratie, 4 pour les conservateurs, 3 pour la Gauche unie et 2 n’appartenant à aucun groupe).

Un tiers d’anciens

Environ un tiers d’entre eux siégeaient déjà à la Comagri durant la précédente législature. Le groupe PPE sera notamment représenté par l’Allemand Norbert Lins (nommé coordinateur), l’Irlandaise Mairead McGuinness et l’Italien Herbert Dorfmann, rejoints entre autres par la Française Anne Sander, l’Espagnol Juan Ignacio Zoido Álvarez et la Bavaroise Marlene Mortler.

Du côté des sociaux-démocrates, le Français Éric Andrieu (rapporteur du règlement OCM de la future Pac), l’Espagnole Clara Aguilera García, l’Italien Paolo De Castro et l’Allemande Maria Noichl sont tous de retour. Le groupe libéral Renew Europe sera notamment représenté par l’ancien commissaire à l’agriculture Dacian Cioloș, l’ancien vice-ministre tchèque de l’agriculture Martin Hlaváček, l’ancien président des jeunes agriculteurs français Jérémy Decerle et l’Allemande Ulrike Muller (rapporteure sur le règlement horizontal de la future Pac). La viticultrice Française Irène Tolleret est suppléante. Les Verts voient revenir l’Allemand Martin Häusling accompagné entre autres de l’agriculteur français Benoît Biteau, et de la cheffe culinaire autrichienne Sarah Wiener. Les conservateurs (groupe ECR) seront notamment représentés par l’ancien ministre polonais de l’agriculture Krzysztof Jurgiel et la Gauche Unie par les Irlandais Matt Carthy et Luke Ming Flanagan.

Tir de barrage

Alors que le groupe politique Identité et Démocratie, constitué essentiellement par le Rassemblement national – notamment l’agricultrice guadeloupéenne Maxette Pirbakas – et les Italiens de la Ligue, espérait obtenir la présidence de la Comagri, ainsi que celle de la commission des affaires juridiques, compte tenu de sa place de cinquième plus important groupe au Parlement européen avec 73 députés, les autres forces politiques devraient finalement former « un cordon sanitaire » et aller à l’encontre des règles tacites en vigueur en bloquant cette nomination. La présidence de la Comagri devrait donc revenir au groupe social-démocrate, vraisemblablement à l’Italien Paolo De Castro qui a déjà occupé le poste entre 2009 et 2014. Les eurodéputés éliront leurs président et vice-présidents à l’occasion de la réunion constitutive de la Comagri le 10 juillet à Bruxelles.

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La présidence de la commission de l’environnement (la plus importante en taille avec 76 sièges) est, elle, promise au groupe Renew Europe, et pourrait revenir au Français Pascal Canfin. Les Verts, un temps pressentis pour obtenir la commission de l’agriculture, conserveront les commandes de la commission des transports et vont récupérer également celles du marché intérieur et de la protection des consommateurs. La commission des budgets, qui était aux mains des libéraux, va revenir aux conservateurs, celle du contrôle budgétaire restera sous la présidence du PPE et les sociaux-démocrates garderont la tête de la commission des affaires économiques et monétaires.

Laborieuses nominations

Après de longues tractations et un marathon final de deux jours entre le 30 juin et le 2 juillet, les chefs d’État et de gouvernement de l’UE se sont mis d’accord sur la nomination de la ministre allemande de la défense Ursula von der Leyen pour succéder à Jean-Claude Juncker au poste de président de la Commission européenne à partir du 1er novembre. Le Parlement devrait se prononcer sur cette nomination lors de sa session plénière du 15 au 18 juillet. Une majorité simple est requise. La Française Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international, a été choisie pour présider la Banque centrale européenne (BCE) à Francfort, le ministre espagnol des affaires étrangères Josep Borrell pour succéder à Federica Mogherini en tant que Haut représentante pour la politique étrangère, et le Premier ministre belge Charles Michel pour remplacer Donald Tusk à la présidence du Conseil européen.

« Stratégique »

Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) se sont félicitées de l’augmentation du nombre de sièges au sein de la commission de l’agriculture du Parlement europée,, ce qui « illustre l’importance stratégique accordée aux sujets traités au sein de cette commission ». De même, le Copa-Cogeca salue le fait qu’un nombre important de membres de cette commission parlementaire ait une bonne connaissance de l’agriculture ou soient réélus, espérant qu'elle conservera « sa responsabilité stratégique » dans les décisions concernant l’avenir de la Pac et saura « s’élever contre l’accord commercial bilatéral récemment conclu entre l’UE et le Mercosur ».