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Parlement européen : les Conservateurs récupèrent la Comagri

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À l’issue des négociations entre groupes politiques sur la répartition des futures présidences des commissions du Parlement européen, il a été convenu que celle de l’Agriculture serait confiée au groupe conservateur ECR. Cela faisait dix ans que la droite (PPE) occupait le poste. Concernant la commission de l’Environnement, celle-ci ne devrait finalement pas être scindée en deux et sera présidée par le groupe social-démocrate.

Les principaux groupes politiques du Parlement européen ont conclu, le 9 juillet, un accord préliminaire sur la répartition des présidences et vice-présidences des commissions du Parlement européen (sur la base de la méthode d’Hondt). La présidence de la commission de l’Agriculture (Comagri) devrait donc revenir au groupe conservateur eurosceptique ECR dominé par Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni et les Polonais de Droit et Justice (PiS) – et où siègent certains des élus dissidents Reconquête ! (Marion Maréchal par exemple). Lors d’une première répartition des commissions, la Comagri devait être attribuée au groupe PPE (droite), comme lors de la précédente mandature (quand elle a été assurée par l’Allemand Norbert Lins), mais celui-ci a préféré échanger sa présidence avec ECR pour que le groupe conservateur n’hérite pas de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures.

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Une nouvelle qui a ravi le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski. Celui a d’ailleurs déclaré le même jour sur le réseau social X : « En tant que seul membre de la Commission européenne appartenant au groupe ECR, je suis heureux que la présidence de la commission de l’agriculture du Parlement européen appartienne à ce groupe. » Et d’ajouter : « En tant que Polonais, j’ai l’espoir que le futur président de la Comagri soit celui recommandé par le PiS. »​​​​​​ Peu de chance toutefois que sa demande aboutisse puisque les autres groupes politiques du Parlement ont déjà fait savoir qu’ils feraient barrage à la nomination de membres du PiS à des postes à responsabilité. Il est donc plus probable de voir un élu (ou une élue) de Fratelli d’Italia accéder au poste.

Pas de scission de la Comenvi

Concernant les autres commissions parlementaires, comme prévu le groupe social-démocrate (S & D) devrait récupérer la présidence de la commission de l’Environnement. Cette Comenvi ne sera, par ailleurs, pas coupée en deux, comme le demandait notamment le PPE. Les questions de santé et de sûreté alimentaire resteront donc dans son périmètre de compétence au sein d’une simple sous-commission. « Une scission aurait pu être une bonne solution », a regretté le chef de file du PPE en Comenvi, l’Allemand Peter Liese. Il espère maintenant « un président de la Comenvi qui accorde une priorité suffisante à la santé et ne s’intéresse pas uniquement aux questions environnementales », visant, sans le nommer, le centriste français Pascal Canfin qui a assuré sous la précédente mandature la présidence de la Comenvi.

Pour le reste : le PPE devrait obtenir les présidences des commissions de l’Industrie, des Affaires étrangères et de la Pêche notamment ; le S & D les commissions des Affaires économiques, du Commerce international et du Développement régional, les centristes de Renew celles de la Défense, du Développement et des affaires légales ; ECR garderait la commission des Budgets ; les Verts auraient le Marché intérieur et les Droits humains ; enfin la Fiscalité et les affaires sociales iraient à la Gauche.

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L’extrême droite se structure

Pour ce qui est de l’extrême droite, deux nouveaux groupes politiques ont fait leur apparition. Le premier, intitulé les Patriotes pour l’Europe, réunissant notamment le Rassemblement national (RN), les Hongrois du Fidesz et les Tchèques d’ANO, s’est constitué le 8 juillet. Il est immédiatement devenu la troisième force politique du Parlement européen en nombre avec 84 eurodéputés, devant les conservateurs de l’ECR (78) et les centristes de Renew (77). Le RN en sera la principale délégation et son chef de file, Jordan Bardella, a été élu président du groupe. La théorie voudrait que les Patriotes pour l’Europe obtiennent les présidences des commissions des Transports et de la Culture. Mais le cordon sanitaire qui leur est imposé depuis toujours devrait encore les en priver.

Parallèlement, un deuxième groupe d’extrême droite a été créé le 10 juillet. Il se composera de 25 eurodéputés, principalement organisés autour d’Alternative für Deutschland (AFD) et ses 14 membres. À noter : la présence de la Française Sarah Knafo (Reconquête !), vice-présidente de la formation.

L’annonce de la composition de chaque commission parlementaire sera officialisée le 19 juillet lors de la session plénière constitutive à Strasbourg. Puis la semaine suivante, se tiendront les premières réunions des commissions qui éliront officiellement leur bureau.


Ursula von der Leyen cherche des soutiens

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, désignée par les chefs d’État et de gouvernement de l’UE pour assurer un second mandat, a rencontré, les 9 et 10 juillet, les groupes politiques PPE (droite), Social-démocrate, Renew (centristes) et Verts pour tenter d’obtenir leur soutien en vue de sa réélection. Elle rencontrera d’autres groupes (La Gauche et ECR) le 16 juillet, mais pas ceux classés à l’extrême droite. Un vote est prévu le 18 juillet lors de première session plénière du nouveau Parlement européen à Strasbourg. Ursula von der Leyen devra recueillir les suffrages de la majorité absolue des eurodéputés. Lors de ses échanges avec le PPE (son parti), elle leur aurait promis le poste de commissaire européen à l’Agriculture, qui selon les rumeurs pourrait revenir au Luxembourg ou à l’Autriche.