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Parlement européen : les groupes politiques se structurent

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Les groupes politiques du nouveau Parlement européen se stabilisent peu à peu. Les partis d’extrême droite peinent à se structurer. Les forces politiques finalisent également leurs grandes priorités pour la prochaine mandature (2024-2029). L’agriculture tient chez certains une place importante.

À l’approche de la première plénière du nouveau Parlement européen, les forces politiques qui y joueront prennent peu à peu forme. De même que leurs grandes priorités notamment en matière agricole. Une coalition autour des groupes PPE (droite), centriste (Renew) et social-démocrate (S & D) se dessine, à laquelle pourraient se joindre les Verts ce qui exclurait donc les groupes les plus à droite de l’échiquier politique. D’autant plus que le rêve de certains de voir s’allier l’ensemble des partis les plus conservateurs s’éloigne peu à peu.

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Le dirigeant hongrois Victor Orban a annoncé, le 30 juin depuis Vienne, son intention de former un groupe des Patriotes pour l’Europe aux côtés du parti nationaliste autrichien FPÖ et du mouvement tchèque ANO de l’ancien Premier ministre Andrej Babis, qui vient de quitter le groupe centriste Renew. Pour réellement prendre forme, ce nouveau groupe devra encore obtenir des soutiens dans quatre autres pays de l’UE. Un temps tenté par l’aventure, le parti polonais Droit et Justice (PiS) va lui rester au sein du groupe ECR dont il s’est partagé les principaux postes avec les Italiens de Frattelli d’Italia. Le groupe conservateur compte désormais 84 membres, grâce à l’adhésion d’un eurodéputé supplémentaire, l’Estonien indépendant Jaak Madison, jusqu’ici rattaché au groupe d’extrême droite Identité & Démocratie (ID), et semble asseoir sa place de troisième force au Parlement européen, derrière les groupes PPE et S & D, et devant Renew.

L’agriculture priorité du PPE

Autoproclamé « parti des agriculteurs » durant la campagne, le groupe PPE a adopté, le 5 juillet, ses priorités pour cette nouvelle mandature qui font la part belle au secteur agricole. Il plaide notamment pour « moins de bureaucratie » dans la future Pac : « Les paiements directs doivent constituer une véritable reconnaissance du travail des agriculteurs et être grandement simplifiés ». Le principal groupe politique du Parlement souhaite aussi une révision de la directive sur les pratiques commerciales déloyales et une modification ciblée du règlement sur l’organisation commune des marchés (OCM) afin d’améliorer la rémunération des agriculteurs. Autres exigences : des investissements dans l’agriculture de précision (robotique, lutte intégrée contre les nuisibles…) ; la révision du statut de protection des loups et des ours qui menacent le pastoralisme traditionnel ; ou encore la révision de la directive sur les émissions industrielles (tout juste adoptée) pour scinder la partie industrielle et la partie agricole. Enfin, le PPE exige des évaluations d’impact solides sur la viabilité économique des exploitations agricoles lorsqu’il s’agira de présenter de nouvelles propositions sur le bien-être animal.

Pesticides et clauses miroirs, pour les sociaux-démocrates

Pour le S & D, qui devrait aussi peser sur les grandes orientations de la nouvelle mandature, la future Pac devra « s’ancrer dans une approche de transition juste, afin de parvenir à une agriculture durable qui protège l’environnement, la santé humaine et le bien-être animal tout en améliorant les moyens de subsistance des agriculteurs grâce à des prix équitables ». Cette Pac prendra également en compte les objectifs de souveraineté alimentaire et de production alimentaire durable, en réorientant l’aide vers l’emploi, les services environnementaux et le commerce équitable (avec l’intégration de clauses miroir), souligne le projet de texte qui devait être adopté le 4 juillet. Et d’ajouter que « la réduction de l’utilisation des pesticides doit rester un objectif clé pour l’UE et conduire à une nouvelle législation ».

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organisation commune de marché
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Le groupe de La Gauche au Parlement européen a, lui, réélu le 3 juillet ses coprésidents, la Française Manon Aubry et l’Allemand Martin Schirdewan et pourrait accueillir en son sein les huit membres du mouvement italien Cinq étoiles.

Reste à connaître les intentions des membres de la dernière force d’extrême droite, appelée ID sous la précédente mandature, qui réunissait notamment les Français du Rassemblement national et les Allemands de l’AFD. La présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a donné jusqu’au 4 juillet à l’ensemble des groupes pour se constituer, après quoi débuteront les négociations sur la répartition des postes dans les commissions parlementaires qui sera confirmée lors de la session plénière constitutive du 15 au 19 juillet à Strasbourg.


Commission de l’Environnement : le PPE pousse pour un redécoupage

Le Parti populaire européen (PPE, droite) continue de plaider pour le périmètre de compétence de la commission de l’Environnement du Parlement européen, devenu la plus importante en nombre de membres sous la précédente mandature. Pour la période 2024-2029, le PPE souhaiterait scinder cette Comenvi en deux : d’un côté une commission chargée de la santé et de la sécurité alimentaire, de l’autre une commission en charge de l’environnement et du climat. L’Allemand Peter Liese, chef de file des eurodéputés PPE à la commission de l’Environnement, a indiqué, le 2 juillet, que cette idée faisait son chemin même si plusieurs sources au sein du Parlement européen estiment qu’elle a peu de chance d’aboutir.