Des avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) et de l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS), remis le 12 octobre au ministre de l’Agriculture, l’ont conduit à prendre deux décisions relatives à la peste porcine africaine (PPA) : l’installation de clôtures à la frontière belge et le retrait de 21 communes des Ardennes de la zone d’observation renforcée (ZOR).
« L’ANSES recommande l’installation de clôtures en zone frontalière. Les experts de l’ONCFS et ceux de la Fédération nationale de la chasse (FNC) ont élaboré des cahiers des charges faisant des propositions sur le tracé et sur les modalités pratiques d’installation des clôtures. Ils ont été remis hier à la Direction générale de l’alimentation », indique le ministère de l’Agriculture dans un communiqué du 13 octobre. « Le ministre a demandé aux préfets des trois départements concernés (Meurthe-et-Moselle, Ardennes, Meuse) de prendre les dispositions nécessaires pour mettre en place ces clôtures, en se basant sur les prescriptions des cahiers des charges. La coordination sera assurée par la préfecture de la région Grand Est. L’installation des clôtures permettra en temps utile la reprise d’une chasse intensive dans la ZOR pour réduire la population de sangliers. Une surveillance active sera également maintenue avant de pouvoir reprendre les activités forestières dans cette zone. »
89 cas de PPA au 15 octobre
Le ministère de l’Agriculture indique par ailleurs que le risque d’introduction de la PPA a été évalué par l’ANSES « comme très faible à l’extrême ouest des Ardennes ». Du coup, « la ZOR est réduite dans ce secteur. Elle passe ainsi de 134 à 113 communes », à la faveur de deux arrêtés du 12 octobre 2018, publiés le lendemain au Journal officiel et d’application immédiate, modifiant les deux arrêtés du 8 octobre 2018 relatifs à la prévention de la PPA. « Cette adaptation du périmètre permet une reprise de l’ensemble des activités en forêt (chasse, activités forestières) dans les 21 communes les moins exposées des Ardennes, en miroir avec les mesures prises de l’autre côté de la frontière. »
Depuis le 13 septembre 2018, 89 cas de PPA ont été détectés chez des sangliers retrouvés morts dans la région d’Etalle au sud-est du pays (province de Luxembourg), a indiqué, le 15 octobre, l’Agence fédérale belge pour la sécurité de la chaîne alimentaire (Afsca).
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Un « plan de biosécurité » pour chaque élevage d’ici à 2020
Un arrêté du 16 octobre 2018, « relatif aux mesures de biosécurité applicables dans les exploitations détenant des suidés dans le cadre de la prévention de la peste porcine africaine et des autres dangers sanitaires réglementés », est publié au Journal officiel du 17 octobre. Ce texte prévoit un certain nombre de dispositions d’application immédiate en matière de gestion des flux de véhicules, matériels, personnes et animaux (nettoyage-désinfection des camions chargeant des animaux, sas sanitaire séparant la zone professionnelle et la zone d’élevage…), d’alimentation (interdiction des déchets de cuisine), de litière (stockage de la paille à l’abri des suidés sauvages), de lutte contre les nuisibles (dératisation) et de gestion des cadavres.
D’ici au 1er janvier 2020, tout détenteur de suidés (porcs et sangliers) devra définir un « plan de biosécurité », précisé en annexe de l’arrêté, pour l’ensemble de son exploitation, « détaillant l’organisation des bâtiments, parcs ou enclos où sont élevés et où circulent les suidés ». À la même échéance, tout site d’exploitation de suidés devra être équipé d’un quai d’embarquement des animaux et d’une aire bétonnée ou stabilisée accessible au véhicule d’équarrissage. Enfin, au 1er janvier 2021, toute exploitation devra « disposer d’un système de protection permettant d’éviter tout contact direct entre les suidés domestiques détenus dans l’exploitation – quels que soient leur âge et leur sexe – et les suidés sauvages ».
L’installation des clôtures permettra en temps utile la reprise d’une chasse intensive