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Phénix en Provence transforme les drêches de tomate en actifs cosmétiques

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L’outil industriel de Phénix en Provence est prévu pour pouvoir traiter 12500 tonnes de tomates fraîches par an. Crédits : © Phénix en Provence

Phénix en Provence, entreprise créée par la coopérative CAPL et la société de recherche Inaturals, consolide son modèle de valorisation des coproduits de tomates bio. 

Phénix en Provence est née d’un partenariat à 50/50 entre la Coopérative agricole Provence Languedoc (CAPL) et le laboratoire de recherche privé Inaturals fondé par Leila Falcao. La société s’est donnée pour mission de transformer les résidus issus de la fabrication de sauces du Panier Provençal, l’outil industriel de transformation de la coopérative. Ce modèle garantit un flux sécurisé de matière première, tout en offrant aux adhérents un débouché à forte valeur ajoutée. « L’objectif est qu’à terme, cette filière puisse améliorer la rémunération des producteurs », rappelle Leila Falcao, présidente d’Inaturals et de Phénix en Provence. 

Des débouchés dans la cosmétique

En 2025, Phénix en Provence a traité 225 tonnes de peaux et pépins de tomates. Ces drêches sont d’abord séchées, pour obtenir environ 45 tonnes de produit, puis transformées pour obtenir une huile de pépins et une cire issue de la peau du fruit. En début du processus, l’hydrolat issu du concentré de la tomate Bio est également recueilli ; il représente environ 5000 tonnes par an, mais pour le moment, seule une dizaine de tonnes trouve un débouché. « Nous travaillons en ce moment à un projet de développement de boisson pour exploiter cette ressource » confie la chercheuse.   

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Le reste des ingrédients contient des actifs naturels intéressants en cosmétique, avec une efficacité prouvée notamment pour l'hydratation de la peau. Estée Lauder, La Rosée, Aromazone comptent d’ailleurs parmi les clients de Phénix en Provence, pour un premier ingrédient déjà commercialisé. En mars dernier, Phénix en Provence s’est également rapproché du spécialiste des parfums, arômes et ingrédients naturels le groupe Robertet (807 M€ de chiffre d’affaires en 2024), qui diffuse désormais ses actifs à l’international. Les deux partenaires ambitionnent « de développer de nouveaux actifs naturels destinés aux industries de la cosmétique, en valorisant des co-produits végétaux locaux et en combinant leurs expertises conjointes », indique Robertet dans son communiqué du 25 mars 2025. 

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Diversifications hors cosmétiques

Phénix en Provence développe aussi de nouveaux débouchés hors cosmétiques. Les peaux dégraissées des tomates servent de base à un cuir végétal en partenariat avec Renature, une tannerie lyonnaise spécialisée dans les matériaux biosourcés. Les applications visées vont des coffrets cosmétiques à la petite maroquinerie. Des prototypes sont en cours d’affinage, avec une mise sur le marché envisagée en 2026. Et côté ingrédients, l’entreprise lance Sevaseed, un actif capillaire extrait du tourteau de graines de tomate, destiné à la production d’après-shampoing et de soins, dont la commercialisation est prévue pour 2026.

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