Dans un communiqué le 8 septembre, le Modef dénonce son exclusion provisoire de la Safer au motif d’avoir « rompu la confidentialité des débats » au sein de l’organe de régulation du foncier. « Le conseil d’administration de la Safer Nouvelle-Aquitaine du 19 juin a voté la suspension du représentant Modef au comité technique Safer Corrèze pour les trois prochaines séances », annonce-t-il, précisant qu’une même sanction frappe l’élu de la Confédération paysanne et une conseillère régionale. Les deux syndicats critiquent des attributions foncières à la Foncière rurale de la Corrèze, une société émanant de la chambre d’agriculture pour investir collectivement dans les terres où seront installés des panneaux photovoltaïques. Ils avaient d’ailleurs perturbé ensemble un comité technique de la Safer en juillet 2024.
Le 5 novembre, le Modef avait écrit une lettre ouverte à Annie Genevard dénonçant un « accaparement des terres agricoles ». Ces « manœuvres » entre la Safer et la foncière de Corrèze ont « fait grimper les prix du foncier, empêché l’installation » d’agriculteurs, selon le courrier. Deux semaines après, la Conf’avait manifesté devant les locaux communs de la Safer et de la chambre d’agriculture pour « dénoncer les conséquences de l’agrivoltaïsme sur l’installation ». Une action qui, là encore, ciblait la Foncière de Corrèze.
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Mais la suspension des élus de la Safer est en fait liée à leur implication dans une procédure judiciaire menée par la commune de Beaumont, en concurrence avec la SAS sur l’attribution de terres. « Ces trois personnes ont enfreint la déontologie en témoignant auprès de l’avocat sur une décision du comité technique », explique Paul Arnold, directeur adjoint de la Safer Nouvelle-Aquitaine. Et de préciser que Beaumont conteste une décision de la Safer « validée par l’État ».