Abonné

Phytos : un indicateur environnemental plus strict pour lagunes et estuaires

- - 2 min

Jusqu’ici, les produits phytosanitaires n’étaient pas considérés comme un problème dans les lagunes méditerranéennes, mais une nouvelle étude vient troubler la tranquillité d’esprit des observateurs. Menée en partenariat avec l’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse et l’Ifremer, un projet pilote a analysé les concentrations de 72 molécules entre 2017 et 2019 sur dix sites. Avec une nouvelle approche : au lieu de considérer les pesticides séparément, les chercheurs ont évalué le risque inhérent au mélange des molécules dans les lagunes.

Dans près de huit lagunes sur les dix étudiées, le nouvel indicateur conclut à « risque fort » des mélanges de pesticides. « Nous nous doutions que leur impact écologique devait s’aggraver en aval des cours d’eau mais nous ne pensions pas que le risque dû à leur cumul serait aussi élevé pour les écosystèmes lagunaires », reconnaît Karine Bonacina, directrice régionale de l’agence de l’eau dans un communiqué du 30 octobre. « L’état chimique de ces lagunes était considéré comme bon puisque aucun des vingt-deux pesticides prioritaires suivis d’ordinaire tous les trois ans dans le cadre de la directive-cadre sur l’eau ne dépassait sa valeur-seuil. »

Le protocole de suivi, précisent les partenaires de ce projet, sera reconduit sur les dix lagunes de Méditerranée dans les prochaines années, et « pourrait être appliqué à l’avenir aux lagunes et estuaires des autres façades maritimes ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

L’étude recourt à un nouvel indicateur nommé « quotient de risque ». Ce quotient, issu des travaux sur la théorie de l’addition des concentrations, est construit en agrégeant le risque estimé pour chaque molécule, calculé comme le rapport entre la concentration relevée et les concentrations sans effets sur l’environnement. Le chiffre final, comme le précise l’Ifremer, « n’a aucune réalité biologique », mais « doit être considéré comme un moyen pragmatique de priorisation du risque ».

Testé en Méditerranée, il « pourrait être appliqué aux autres façades maritimes »