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Pif à Papa surfe sur la relance des vins franciliens

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La start-up Pif à Papa vient de récolter un peu plus de 40 000 euros, qu’elle compte investir dans l’achat d’un terrain pour planter ses propres vignes en Ile-de France. En attendant, elle vinifie le raisin bio de vignerons partenaires dans son chai urbain de Courbevoie.

Créée il y a un an, la start-up familiale Pif à Papa est née de la passion d’Antoine Sfeir pour le vin, passion qu’il a transmise à son père, Fady, qui l’a rejoint dans l’aventure. L’objectif de la société : produire un vin « propre, écoresponsable et local » dans son chai à Courbevoie (Hauts-de-Seine). Les raisins, issus des vignes bio de trois vignerons partenaires en Anjou et en Touraine, sont cueillis à la main, avant d’être transportés en camions frigorifiques jusqu’à Courbevoie pour y être vinifiés. Idéalement, Pif à Papa aimerait travailler uniquement avec des vignerons franciliens, d’autant que les vins d’Ile-de-France ont été reconnus en IGP depuis un an. « Même si on plante beaucoup de vignes en Ile-de-France depuis 2016 », rappelle Fady Sfeir, la renaissance de ce vignoble est encore balbutiante, sachant qu’il faut trois ans pour obtenir les premiers raisins et quatre à cinq ans pour avoir des volumes. Pif à Papa a donc décidé de se mettre en quête d’un terrain pour planter ses propres vignes. Elle cherche donc entre 5 et 10 hectares proches de Courbevoie, sachant que la production est de l’ordre de 4 000 à 5 000 bouteilles par hectare. « Nous serions rentables un peu au-dessous de 30 000 bouteilles, et nous pourrions monter jusqu’à 60 000 bouteilles si la demande est au rendez-vous. »

Pour ça, la société vient de récolter un peu plus de 40 000 euros, le double de l’objectif initial, dans le cadre d’un financement participatif auprès de consommateurs. « Il était important pour nous d’être en lien direct avec les consommateurs, souligne Fady Sfeir. Nous souhaitons fidéliser nos adhérents qui tous les mois recevront une nouvelle cuvée. » Les vins produits par Pif à Papa seront majoritairement vendus par un système d’abonnement, et seulement « 20 à 30 % seront distribués chez des cavistes bio indépendants et quelques restaurateurs pour faire connaître nos produits », précise Fady Sfeir.

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Pour sa première cuvée cette année, Pif à Papa a produit 16 000 bouteilles, avec huit vins différents, soit 2 000 bouteilles environ par cuvée. L’an prochain, la société « vise 24 000 bouteilles, avec une nouvelle cuvée tous les mois », explique Fady Sfeir. Après le Chenin de Maman, un vin blanc nature, sans sulfites, ni levures pendant la vinification et non filtré, Pif à Papa sortira le Rosé de Mamie en juillet. Quant au projet de guinguette initialement envisagé, mais qui n’a pas vu le jour à cause de la pandémie, « il reste d’actualité, mais post-Covid-19 », prévient Fady Sfeir. Un lieu qu’Antoine et son père souhaitent comme un espace convivial avec musique et dégustation de fromages franciliens, en lien avec la production qu’on trouvera également sur place.