Planet-score maintient l’usage du PRG* pour évaluer les effets du méthane issu des ruminants, et ce malgré l’avis du Haut conseil pour le climat (HCC), qui estime cet indicateur non pertinent pour l’affichage environnemental.
Malgré l’avis négatif du Haut conseil pour le climat (HCC) à l’encontre du PRG*, la marque Planet-score a annoncé maintenir l’usage de cet indicateur. Pour rappel, le HCC estime que le PRG*, utilisé par Planet-Score pour le méthane entérique, n’est pertinent ni pour la comptabilisation des émissions, ni pour l’affichage environnemental. Dans une vidéo publiée le 28 octobre, Sabine Bonnot, présidente de Planet-score, indique que le label continue néanmoins de s’appuyer sur le PRG*, en attribuant au méthane une valeur de 13,8, soit une division par deux de l’effet de ce gaz par rapport au PRG100.
Cette estimation repose sur les projections de consommation mondiale de la FAO et les scénarios démographiques de l’ONU, selon lesquels les émissions de CH₄ provenant des ruminants augmenteront de 3 à 11 % sur vingt ans, jusqu’en 2100. « Nous voulions éviter l’effet selon lequel le PRG* allège le fardeau de réduction des gaz à effet de serre pour les pays ayant historiquement un nombre élevé de bovins et dont le cheptel est aujourd’hui stable », souligne Planet-score. Aux yeux de Mme Bonnot, cette approche, fondée sur un scénario d’évolution de la consommation, et non de la production, n’est donc ni « amnésique » ni « injuste géographiquement », contrairement à certaines critiques du HCC.
Un choix méthodologique « arbitraire »
Dans un article publié le 12 novembre par le média Bon Pote, Valérie Masson-Delmotte, ancienne coprésidente du Giec, dénonce « un choix méthodologique arbitraire qui n’est pas étayé par une publication scientifique, comme cela devrait être l’usage pour des indicateurs fournis aux consommateurs ». Elle se dit également « très surprise de voir que l’argumentaire justifiant la méthodologie du Planet-score remet même en cause l’importance de réduire les émissions de méthane pour limiter le réchauffement climatique ».
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Or, rappelle le HCC, une trajectoire compatible avec la limitation des effets du réchauffement requiert impérativement une baisse des émissions de méthane et non leur stabilisation. Depuis plusieurs années, des scientifiques alertent en effet sur les mésusages du PRG*, rappelant qu’il s’agit d’un outil pertinent comme modèle de recherche, mais inadapté comme indicateur.
En France, l’interprofession du bétail et des viandes (Interbev), qui a apporté son soutien public au Planet-score dès 2021, fait régulièrement part de son intérêt pour le PRG*. Dans un communiqué publié en octobre, Interbev déclarait que cet indicateur « est le seul à fournir une évaluation objective, complète et fiable sur l’impact environnemental des produits issus de l’élevage en prenant mieux en compte les effets positifs de la production de viande ».
JJ