La Commission européenne envisage de consacrer quelque 30 % des fonds de la politique de promotion des produits agricoles en 2021 au secteur biologique. Une part qu’une dizaine d’organisations agricoles européennes jugent bien trop importante alors que le bio ne représente que 8 % du marché.
Dix associations professionnelles du secteur agroalimentaire de l’UE dénoncent dans une lettre ouverte du 15 décembre la baisse globale du budget consacré à la promotion des produits agricoles en 2021 et surtout la hausse de la part consacrée dans ce même budget à l’agriculture biologique. « Concentrer 30 % de l’ensemble du budget » de la politique de promotion pour encourager la consommation d’aliments biologiques alors que cette production représente seulement 8 % du total des aliments consommés dans l’UE s’avère à la fois « inefficace sur le plan économique et environnemental » et « préjudiciable » pour le secteur biologique lui-même, écrivent le Copa-Cogeca (coopératives et agriculteurs), le Celcaa, (agroalimentaire), l’Effab (éleveurs), l’Union Fleurs, l’Areflh (fruits, Légumes et plantes ornementales), l’Avec (volaille), le Clitravi (industrie de la la viande), l’Eda (ait) et Europatat (pomme de terre).
La Commission européenne a fixé dans le cadre de la stratégie « de la ferme à la table » un objectif de 25 % de surfaces en agriculture biologique d’ici 2030. Et un axe important de son futur plan d’action en faveur de l’agriculture bio attendu pour début 2021 sera de stimuler la demande de produits biologiques (1). Bruxelles a donc pris des mesures dans ce sens dans son dernier projet de décision concernant le financement pour 2021 des actions d’information et de promotion en faveur des produits agricoles sur le marché intérieur et dans les pays tiers.
Disproportionné
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« Nous pensons que la promotion des produits biologiques doit être soutenue, même au-delà de leur part de marché », assurent les organisations, mais les fonds doivent être adaptés à la croissance naturelle du marché. Selon elles, « le fait de se concentrer de manière disproportionnée sur une seule méthode de production pourrait empêcher les autres de contribuer davantage à la durabilité agricole de l’UE ». Elles préviennent également que la taille « souvent réduite » des structures représentant le secteur biologique ne leur permet pas de « soumettre des projets pour la part de budget proposée ».
Les professionnels alertent par ailleurs sur la réduction globale du budget de promotion pour 2021 de 9 % par rapport au niveau de 2020, à 183 millions d’euros. Ajoutées à la réduction de 4 % prévue pour les dépenses agricoles totales, ces propositions sont « une réelle contradiction et un signal difficile à accepter par l’ensemble du secteur agroalimentaire » en ces temps de crise, écrivaient-ils déjà le 1er décembre dans une lettre au commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski. Ils n’ont pour l’instant pas été entendus.
(1) Voir n° 3757 du 14/09/2020