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Politique de promotion : les Vingt-sept s’inquiètent pour la viande et le vin

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La Pologne, soutenue par quelque 18 États membres (Irlande, Espagne, Italie…) a demandé, le 21 février à l’occasion de la réunion de ministres de l’Agriculture de l’UE à Bruxelles, à la Commission européenne de ne pas exclure, comme elle l’envisage, la viande rouge et le vin de la future politique de promotion des produits agricoles. Depuis déjà deux ans, la Commission a donné un tour très environnemental à cette politique et elle prépare une révision attendue pour le mois de juin qui pourrait encore accentuer cette tendance en vue d’aligner la réglementation avec la stratégie De la ferme à la table, le plan de lutte contre le cancer, le plan de développement de l’agriculture biologique ou encore les futures règles sur le bien-être animal. Parmi les trois options étudiées dans son évaluation d’impact, la Commission européenne envisage, en effet, d’exclure certains secteurs qui ne seraient pas en mesure de faire la preuve de leur éligibilité au regard de nouveaux critères de durabilité.

Un « message clair »

Cette révision doit renforcer la politique de promotion de l’UE qui a fait ses preuves sans en réduire le champ d’application, préviennent les ministres de l’Agriculture. Julien Denormandie, qui présidait la réunion, a estimé que le Conseil « envoyait un message clair » à Bruxelles. Un seul État membre, les Pays-Bas, s’est dit favorable à l’exclusion de la viande de la politique de promotion. Pour le ministre néerlandais, Henk Staghouwer, cette politique devrait de toute façon être du ressort de chaque filière et non pas de l’UE.

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Mais le commissaire européen à l’Agriculture, qui avait affirmé il y a quelques semaines que la Commission n’avait « pas l’intention de stigmatiser quelque production que ce soit », s’est cette fois montré beaucoup moins ferme sur la question. Janusz Wojciechowski s’est contenté de convenir que « la plupart des autorités sont favorables au maintien du système actuel alors que les ONG veulent l’exclusion de certains produits ». À l’issue de la réunion il a également estimé que « la politique de promotion n’avait pas été la plus efficace pour améliorer les normes d’élevage ». Et de préciser que la future politique de promotion devrait en particulier « soutenir le développement de l’agriculture biologique, ce qui vaut aussi pour l’élevage bio ».