Le groupe Tereos a annoncé qu’il fallait envisager la fermeture de la féculerie d’Haussimont, faute de repreneur à ce stade. L’UNPT alerte une nouvelle fois les pouvoirs publics sur la situation de la filière.
Tereos considère que la fermeture de son usine de transformation de pomme de terre en fécule à Haussimont (Marne) « doit être envisagée » faute de repreneur. « En l’absence d’acquéreur identifié à date, un projet de fermeture du site doit être envisagé à l’issue de la campagne 2023/2024 », a expliqué la direction dans une circulaire adressée le 20 juin à ses coopérateurs planteurs. Malgré « plusieurs marques d’intérêt », le spécialiste de la transformation de matières premières agricoles (en sucre, alcool, fécule…) « considère que les chances de concrétisation d’un projet de cession de l’activité à court ou moyen terme sont limitées », selon ce texte signé notamment par le président du conseil d’administration, Gérard Clay. Le groupe avait annoncé en mars son intention de vendre le site, face à des surfaces en constante érosion (-38 % en 4 ans).
« C’est une page de l’histoire agricole française qui se tourne et un coup dur pour le secteur féculier national, commente l’UNPT dans un communiqué paru le 21 juin. Il n’y aura en effet pas de campagne en pommes de terre de fécule 2024/2025 » à Haussimont. L’usine – l’une des deux féculeries en France – avait pourtant fait l’objet d’investissements en 2014 ; elle était passée d’une capacité de 270 000 tonnes en 2014 à 500 000 tonnes en 2017, soit l’équivalent d’environ 10 000 hectares de pomme de terre. Mais la filière peine à convaincre les agriculteurs à faire tourner les usines à pleine capacité, en raison notamment de sécheresses récurrentes.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Demande d’aide
Face à cette annonce, le syndicat « sonne de nouveau l’alarme, auprès des pouvoirs publics, mais aussi de l’opinion publique, sur les conséquences directes liées au changement climatique qui impactent de plus en plus durement les rendements des cultures de printemps comme celle de la pomme de terre ». Depuis plusieurs mois, la filière demande un système d’aides exceptionnelles aux planteurs évalué à 500 €/ha de pommes de terre féculières, soit une enveloppe globale de 8 à 9 M € par an pour les années 2023 et 2024.
En 2022, l’UNPT avait enregistré une surface de production de pommes de terre fécule de 22 000 ha, et elle prévoyait en début d’année une baisse de plus de 2 500 ha en 2023 et de 2 000 ha en 2024. Si la fermeture de l’usine d’Haussimont venait à se confirmer, il ne resterait plus qu’une seule féculerie en France, celle de Roquette, située à Vecquemont dans la Somme, dont la capacité est d’environ un million de tonnes, soit l’équivalent de 20 000 hectares.