Abonné

Pomme et poire/Natura 2000 : dans les Hautes-Alpes, des vergers dans l’impasse

- - 2 min

Dans une question écrite au gouvernement, le sénateur Jean-Michel Arnaud (centriste, Hautes-Alpes) a dénoncé « la multiplication des réglementations environnementales propres aux zones Natura 2000 » et « l’absence de mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC) » pour y répondre, rendant selon lui des vergers « inexploitables ». Ces contraintes « obligent une conversion » vers la bio, plaçant les producteurs de pommes et de poires dans des impasses techniques, estime l’élu. Pourtant, dans sa réponse six mois plus tard, le 8 mai, le ministère de l’Agriculture a fait valoir qu’une MAEC arboriculture existe et « permet de rémunérer le recours à des méthodes de lutte biologique et de limitation des utilisations d’herbicide ». Contactée par Agra Presse, la chambre d’agriculture des Hautes-Alpes confirme qu’une MAEC arboriculture existe « depuis 2023 », mais que, « compte tenu des contraintes, aucun arboriculteur ne l’a prise » dans le département. Sur décision régionale, « les arboriculteurs n’ont accès qu’à deux mesures, qui demandent en premier lieu la réduction de l’usage de l’eau », pointe-t-elle. L’une prévoit « 409 € [par hectare et par an] » avec « à partir de la troisième année » l’engagement de « diminuer les volumes d’eau consommés pour l’irrigation de 15 % par rapport aux 5 années précédant l’engagement » ; la deuxième propose « 780 € ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Mesures agro-environnementales
Suivi
Suivre
herbicide
Suivi
Suivre

Consterné par la réponse ministérielle, Laurent Gabet, vice-président de la chambre, fait part à Agra Presse les deux engagements qu’il veut obtenir des autorités. D’abord, « pas de restrictions [phytosanitaires] supplémentaires », « car en vingt ans celles-ci ont déjà été très importantes, et la quasi-totalité de nos vergers sont éco-responsables ou HVE (lire notre enquête sur la HVE) ». Et à plus long terme : « Une modification du zonage Natura 2000 pour en exclure les vergers. » Il chiffre à environ « 130 hectares » les vergers intégrés à l’espace protégé, à travers « 42 exploitations sur la Durance » et « 20 sur le Buëch ».

« Bien qu’une MAEC existe, aucun arboriculteur ne l’a prise »