Alors que la consultation publique sur la création d’un groupement de coréassurance des risques climatiques s’est terminée le 11 février, les assureurs attendent l’avis de l’Autorité de la concurrence (ADLC). « Nous n’avons pas eu de retour sur la consultation publique », rapporte Pascal Viné, directeur des relations institutionnelles de Groupama, « mais nous attendons l’avis de manière sereine, d’ici l’été normalement ». De son côté, Jean-Michel Geeraert, directeur du marché de l’agriculture chez Pacifica (Crédit Agricole), est plus réservé : « Je reste interrogatif, impossible de vous dire si l’ADLC validera. » M. Viné rappelle que le pool maintiendra bien « un jeu de la concurrence » significatif. « Aujourd’hui, chaque assureur calcule sa prime technique pour couvrir le coût du risque, puis ajoute un chargement qui inclut le fonctionnement, les salaires, l’innovation, etc. Le groupement va calculer des primes techniques puis chaque assureur appliquera son propre chargement, et ainsi les assurés feront jouer la concurrence sur le prix mais aussi le hors prix : qualité de service, réactivité de l’assureur, capacité d’être à l’écoute de l’assuré, tout ce qui relève de la culture d’entreprise. »
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
En tout cas, le groupement sera « prêt pour la campagne 2026-2027 », même si l’avis intervenait finalement « dans l’été ». M. Geeraert pointe qu’« on ne connaît pas précisément encore le coût de fonctionnement de ce pool » et s’interroge : « Est-ce suffisamment dans la culture de l’exploitant de s’assurer ? Pool ou pas pool, le sujet c’est de convaincre les agriculteurs, pour qu’ils soient conscients du risque à ne pas s’assurer ». Pour rappel, le gouvernement a fixé un objectif à 2030 de 60 % de surfaces couvertes par une assurance multirisque climatique pour les céréales, oléagineux et protéagineux (33 % en 2020), vignes, légumes (28 % en 2020), et de 30 % pour l’arboriculture (3 % en 2020), les prairies (1 % en 2020), l’horticulture (3 % en 2020). En 2022, 17 % de la SAU était assurée (ministère).