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Porc : contestée, l’UGPVB fait avancer des dossiers dans la crise

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La tension était palpable lors de l’assemblée générale de l’Union des groupements de viande de Bretagne, le 4 décembre à Plérin, à cause de la crise porcine. L’UGPVB a indiqué travailler sur plusieurs dossiers. Parmi ceux-ci, la consolidation d’un « cadran représentatif » et la valorisation de l’élevage par un contrat d’avenir sociétal.  

Dans une région qui représente 58 % de la production porcine française, la situation des éleveurs est dramatique, après presque dix ans de mauvaises années. « 30 % des éleveurs (2 784 naisseur-engraisseurs et 3 087 engraisseurs et post-sevreurs engraisseurs N.D.L.R.) sont endettés à plus de 90 %, explique Laurent Marc, directeur-adjoint du centre de gestion CERFrance des Côtes-d’Armor. Depuis deux ans, l’endettement des éleveurs s’est creusé de 5 à 10 %. Près de 20 % d’entre eux sont dans une situation extrêmement difficile ». La quarantaine d’éleveurs présents dans la salle où se tenait l’assemblée générale de l’UGPVB, le 4 décembre, ont demandé des comptes à l’Union. Sur la situation actuelle et sur « l’immobilisme » de l’UGPVB face à des reportages appelant les consommateurs à ne plus manger de viande.

Sur tous ces points, le président de l’Union des groupements, Michel Bloc’h leur a répondu. Après avoir rappelé que son organisation a dû prendre des décisions difficiles cet été, notamment demander au Marché du porc breton de renoncer au prix de 1,40 euro du kilo vif proposé pendant quelques semaines par les distributeurs-abatteurs Leclerc et Intermarché, il s’est félicité de la mise en place du plan de soutien à l’élevage, notament du Fonds d’allègement des charges. Il n’est évidemment pas suffisant pour des élevages qui affichent des pertes moyennes de 40 000 euros en un an (source CERFrance) et dont les exploitants ne gagnent rien. Aussi demande-t-il une année blanche pour les éleveurs de porcs pour soulager leur trésorerie. Michel Bloc’h a fustigé un gouvernement qui « ne peut, à la fois, appeler à encourager l’organisation interprofessionnelle (…) et dans le même temps ignorer ses analyses et ses propositions ». Ce sur quoi l’Union des groupements travaille, c’est « la valorisation de la production par la consolidation d’un marché au cadran représentatif ». Autrement dit, la présentation d’un plus grand nombre de porcs au MPB dont le prix repose aujourd’hui sur 60 000 porcs par semaine, soit moins de 20 % de la production.

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L’UGPVB suggère de renforcer les apports au MPB en impliquant les neuf groupements de producteurs de porcs de Bretagne proportionnellement à leur production. Michel Bloc’h parle également d’agir « collectivement en inter-OP », sans plus de précisions. Enfin, il rappelle que l’idée d’un contrat d’avenir sociétal présenté durant le Space de Rennes, en septembre dernier, suit son cours. Le travail, désormais conduit de concert avec Coop de France, a pour objectif de dégager une plus-value aux éleveurs, par le biais « d’un fond qui profiterait aux éleveurs engagés dans des démarches de progrès », en collaboration avec la grande distribution.