Dénonçant un décalage entre les prix payés par la Cooperl et la cotation du MPB, un collectif d’éleveurs appelle à renouveler l’ensemble du conseil d’administration du n°2 français du porc.
Selon les informations de Ouest-France (article payant), un collectif d’éleveurs adhérents de la Cooperl a demandé « la révocation de l’ensemble du conseil d’administration » du n°2 français du porc (5,3 millions de porcs élevés en 2023), principalement en raison de prix jugés insuffisants. Les éleveurs frondeurs affirment que leur demande est « conforme aux statuts, car signée par un dixième des 3 000 adhérents » de la coopérative. « Le débat démocratique existe déjà au sein de la coopérative, et il aura à nouveau lieu lors de notre assemblée générale », le 21 juin à Lamballe-Armor (Côtes-d’Armor), estime de son côté le président Bernard Rouxel.
Principal grief des frondeurs : le décalage entre les prix payés aux adhérents et la cotation du Marché du porc breton (MPB), que le groupe de Lamballe n’utilise plus depuis 2015. « En 2023, nous avons eu en moyenne 6,4 ct€/kg d’écart, et nous sommes à 5,8 ct€/kg en moyenne depuis le 1er janvier », explique l’un d’eux (sur un cours à 2,003 €/kg le 3 juin), soit « une perte de 36 000 € sur un an » pour un élevage moyen de 200 truies. Un argument balayé par Bernard Rouxel, qui assure dans Ouest-France que « le prix [payé par la Cooperl] ne s’éloigne pas de celui du MPB ».
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« Le pouvoir échappe aux éleveurs »
Revendiquant son « attachement » au modèle coopératif, le collectif déplore aussi que « le pouvoir échappe aux éleveurs » dans une structure qui « fonctionne de plus en plus comme une entreprise privée ». Dans un courrier intitulé « Donnons un avenir à la Cooperl », publié par Splann, ils demandent de « garantir la souveraineté des associés coopérateurs dans la coopérative ». Concernant la gestion de la coopérative, ils exigent un gel des acquisitions externes et de « prioriser les investissements sur les activités essentielles d’abattage et de transformation ». Autre revendication : celle de « mettre en place une gestion en centres de profit pour mesurer la rentabilité de chaque filiale ». Car, avance le collectif, « la Cooperl, sans son commerce avec ses adhérents, au premier rang duquel l’aliment, serait déficitaire ».
Selon Ouest-France, ce mouvement de fronde a débuté en 2023 : le groupe d’éleveurs avait alors présenté sept candidats au conseil d’administration, alors qu’un tiers de l’instance est renouvelé chaque année. « La direction a élargi le conseil d’administration (le faisant passer de 21 à 31 membres) le jour même de l’assemblée, diluant ainsi la contestation », dénoncent-ils. Et de prédire que « cette manœuvre va être répétée cette année, le nombre d’administrateurs va passer à 36 ».