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Présidence semestrielle du Conseil de l'UE : la Pac dans l’attente d’un budget

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La Finlande, qui prend le 1er juillet la présidence semestrielle du Conseil de l’UE, espère pouvoir faire progresser les discussions sur l’avenir de la Pac. Mais ces négociations sont fortement dépendantes des pourparlers menés en parallèle sur le futur budget communautaire. Difficile donc à ce stade pour la Finlande, dont le gouvernement vient par ailleurs d’être formé, de fixer un calendrier précis des travaux en matière agricole dans les mois à venir. 

Le nouveau gouvernement finlandais (de coalition), qui a été formé il y a seulement quelques semaines par Antti Rinne (social-démocrate) après les élections législatives d’avril, met la touche finale au programme de sa présidence semestrielle de l’UE qui débute le 1er juillet. Un premier document général d’une vingtaine de pages brossant les grandes priorités des six prochains mois a été publié le 26 juin. Mais l’agriculture, en particulier la Pac, n’y est que très peu évoquée, les principales priorités de la présidence finlandaise étant le budget et la lutte contre les dérèglements climatiques.

« Nous voulons promouvoir une politique agricole commune qui tient mieux compte des changements climatiques », se contente donc de souligner la Finlande à ce stade. Elle précise néanmoins dans le chapitre sur le budget qu’il faut « assurer la rentabilité de l’activité agricole dans tous les États membres de l’Union. La politique agricole commune reformée et renouvelée doit permettre de faire face à des défis existant en matière de sécurité alimentaire et des aliments, de changements climatiques et de protection de l’environnement ». Et d’ajouter que les fonds attribués au développement rural, lesquels sont les plus fortement affectés par les coupes proposées par la Commission européenne dans l’enveloppe de la Pac, jouent donc « un rôle essentiel ». 

Pac, budget et bioéconomie

Jari Leppä (centre), maintenu au poste de ministre de l’agriculture et de la forêt qu’il occupe depuis mai 2017, présidera son premier Conseil agricole le 15 juillet à Bruxelles. Son principal défi sera de faire progresser voire de conclure les négociations sur la prochaine Pac d’ici la fin de l’année, ce qui, sur les points les plus importants, ne sera possible que si les chefs d’État et de gouvernement parviennent avant cela à un compromis sur le cadre financier 2021-2027 de l’Union. Dans ses conclusions adoptées le 20 juin, le Conseil européen invite la présidence finlandaise à poursuivre ces travaux et à affiner le cadre de négociation sur le futur budget de l’UE afin de procéder « à un échange de vues sur cette base en octobre 2019, en vue de parvenir à un accord avant la fin de l'année ». L’avancée des discussions sur la future Pac dépendra grandement de la progression en parallèle de ces négociations budgétaires. La présidence roumaine du Conseil qui vient de se terminer a été incapable d’obtenir, comme elle l’espérait initialement, une approche générale partielle sur la Pac en l’absence de visibilité sur les fonds dont disposera cette politique en 2021-2027 (1). 

Les autres réunions du Conseil agricole devraient se tenir le 16 septembre à Bruxelles, le 14 octobre à Luxembourg, le 18 novembre et le 16 décembre à Bruxelles. Une réunion informelle des ministres de l’agriculture sera également organisée du 21 au 23 septembre à Helsinki.

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La présidence finlandaise s’engage également « à faire avancer la mise en œuvre de la stratégie sur la bioéconomie, récemment mise à jour par la Commission européenne ». Une conférence sur ce thème aura lieu à Helsinki du 8 au 10 juillet. 

(1) Voir n° 3697 du 24/06/2019

Difficiles nominations

Les chefs d’État et de gouvernement de l’UE se retrouvaient à nouveau le 30 juin au soir à Bruxelles dans l’espoir de trouver un accord sur la présidence de la Commission européenne avant que le Parlement européen n’élise son président lors de sa session constitutive du 2 au 4 juillet à Strasbourg. Une rencontre qui devait se prolonger si nécessaire par un petit-déjeuner le 1er juillet. Lors de leur réunion du 20 juin, aucun des candidats (« Spitzenkandidaten ») désignés par les trois familles politiques arrivées en tête des élections européennes – l’Allemand Manfred Weber pour la droite (PPE), le Néerlandais Frans Timmermans pour les socialistes, la Danoise Margrethe Vestager pour les libéraux – n’avait reçu de soutien suffisant. Les tractations pour la présidence de la Commission s’inscrivent dans un paquet à l’équilibre politique délicat qui comprend la présidence du Conseil européen et le poste de chef de la diplomatie de l’UE (plus la présidence de la Banque centrale européenne), et dont fait partie la présidence du Parlement européen. Les nouveaux eurodéputés se réunissent pour la première fois en séance plénière du 2 au 4 juillet pour désigner le président du Parlement, mais ils pourraient reporter ce vote si aucun compromis n’a pu être trouvé entre les chefs d’État et de gouvernement.