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Chambres d’agriculture Présidentielle : l’APCA milite pour une agriculture au cœur de la campagne

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Les chambres d’agriculture ont présenté, mercredi 11 janvier, à la presse, leurs demandes à l’attention des candidats aux élections présidentielles et législatives de 2012. Soit, une vingtaine de propositions traduisant la volonté de l’APCA de voir l’agriculture et la forêt « prendre la place qui leur revient au cœur du débat national », a expliqué Guy Vasseur, son président. Plus de trois millions et demi d’actifs couvrant plus de 80% du territoire : pour Guy Vasseur, à la tête de l’APCA, l’argument devrait suffir à hisser légitimement l’agriculture et la forêt au premier rang des préoccupations nationales. « Rapprocher les territoires et les hommes », tel doit être le dessein du futur président de la République et du nouveau Parlement, a-t-il estimé. Réunies dans un « contrat de cohésion nationale entre l’agriculture et la société », ces mesures s’inscrivent globalement dans la plateforme commune qui sera présentée par la FNSEA le 20 janvier.

L’APCA entend se faire entendre à l’occasion de la campagne présidentielle. L’agriculture lui semble devoir en être un des axes majeurs, et elle a fait part, lors de la présentation de ses vœux, de ses propositions.
Parmi les points phares, l’APCA défend la nécessité de privilégier la diversité les modes de production. « Ne tombons pas dans le biais qui serait catastrophique pour l’agriculture française de tout miser sur le bio et le circuit de proximité, comme préconisé par certains candidats », a déploré Guy Vasseur. Plus de transparence concernant l’information sur les produits – notamment leur provenance – et le maintien de la sécurité sanitaire à un haut niveau concourraient par ailleurs à une alimentation saine et équilibrée, selon l’APCA qui propose aussi de développer un programme d’aide alimentaire pour les plus démunis.
Concernant les enjeux liés à la Pac, « les prix agricoles volatils n’arrangent ni les agriculteurs, ni les consommateurs », a expliqué Rémi Bailhache, membre du bureau de l’APCA. D’où la nécessité d’élaborer de nouveaux outils de régulation, notamment pour mieux gérer les volumes. L’amélioration de la compétitivité des agriculteurs français doit passer, selon les chambres d’agriculture, par l’instauration de la TVA emploi, ainsi que par l’harmonisation des normes environnementales et l’adaptation du droit à la concurrence à l’échelle européenne. « Il faut conforter les filières territorialisées », a repris Guy Vasseur en illustrant son propos par le porc noir de Bigorre qui, en voie de disparition, a finalement été sauvé par une démarche territorialisée. Il devient aussi « urgent » de limiter la consommation du foncier agricole, a poursuivi le président, « car on le voit bien sur le terrain : si tous les élus sont d’accord avec ça, ils n’ont pas vraiment le temps de s’en occuper. D’où les abus ».
Pour une agriculture durable, l’APCA défend la création de réserves afin d’optimiser les ressources en eau, ainsi que l’harmonisation – là aussi – des normes européennes et « une meilleure cohérence de la réglementation française avec ces normes », par exemple dans le cas des zones de captage où l’imbroglio entre les deux niveaux demeure. L’assemblée propose également d’encourager la recherche, notamment « pour répondre au changement climatique ». Et de réclamer « une politique stable, plus lisible », en matière de méthanisation et de photovoltaïque, a précisé Guy Vasseur. « Changer la règle tous les trois mois, ça n’est pas possible ».

Deux voix, deux mesures
Les différents rendez-vous de l’APCA seront autant d’occasions de mettre en avant cette nouvelle contribution. Premiers tests : le Salon de l’agriculture, du 25 février au 4 mars, où le président des chambres a prévu de rencontrer l’ensemble des candidats dans la course aux présidentielles. Le forum mondial de l’eau, du 12 au 17 mars, à Marseille, permettra également d’insister auprès des pouvoirs publics sur les efforts à mener en matière de gestion de l’eau. « Nous avons besoin d’un engagement, politique et financier fort des candidats à la présidentielle et des parlementaires », a indiqué Guy Vasseur. Pour ce faire, celui-ci a alerté sur « les contre-pieds systématiques de la ministre de l’Environnement face aux décisions du président ». La solution pour améliorer la compétitivité tout en maintenant l’excellence nécessite, selon lui, « une République mobilisée et indivisible ».

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