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Second pilier de la Pac Probables retards dans la mise en place de la régionalisation

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Toutes les régions accepteront d'être autorités de gestion, mais certaines devraient être en retard dans la mise en œuvre effective, prévient René Souchon, président de l'Association des régions. Selon lui, cette régionalisation permettra de mieux cibler les soutiens publics.

IL POURRAIT y avoir des retards dans la mise en place de la régionalisation du second pilier de la Pac dédié au développement rural, a prévenu René Souchon, président de la région Auvergne et de l'Association des régions, lors d'une conférence de presse au Salon de l'agriculture mercredi 26 février. Car si la réforme de la Pac doit entrer en vigueur en 2015, la régionalisation du second pilier doit être effective dès cette année.

Toutes les régions veulent être autorité de gestion, mais six d'entre elles demandent un statut « d'autorité de gestion déléguée », que René Souchon estime « infaisable et qui va générer des retards ». Selon lui, certaines administrations ont eu du mal à accepter ce « changement culturel » et une nouvelle organisation qui provoque « un surcroît de travail énorme ». D'autant que « le transfert de personnel de l'Etat vers les régions pour rééquilibrer les services n'est toujours pas réglé », a t-il expliqué.

Ces retards pourraient notamment concerner le versement de l'aide à l'installation, en suspens depuis le début de l'année, même si les choses sont en train de se régler dans la majorité des régions, avec « la convention État/Régions qui est en cours de signature ». Les programmes régionaux doivent être transmis à la Commission européenne avant le 30 mars.

« Révolution culturelle »

Pour René Souchon, la régionalisation va permettre de mieux coller aux spécificités du terrain : « On va pouvoir faire un travail plus fin, plus sélectif, plus intelligent, que l'on ne pouvait pas faire jusqu'à présent, par exemple pour soutenir l'élevage, la montagne ou le développement rural », affirme t-il.

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L'accord national précise que les régions sont tenues de financer, via le Feader (Fonds européen agricole pour le développement rural), l'installation, l'indemnité compensatoire de handicap naturel et les mesures agroenvironnementales. « Tout le reste, c'est de la latitude des régions », explique René Souchon, soit entre 15 et 20% du Feader. Pour lui, « c'est une révolution culturelle, on est vraiment dans la décentralisation ». Et si « la profession a eu un peu de mal, elle a désormais compris qu'il fallait dialoguer avec les régions ».

Le Farm Bill, un exemple pour l'Europe laitière, selon René Souchon

RENÉ Souchon, qui a toujours plaidé pour une régulation de la production de lait en Europe après la fin des quotas en 2015, voit dans le Farm Bill (la politique agricole américaine) un bon exemple de ce qu'il faudrait faire. « Les Américains assurent un revenu aux producteurs laitiers avec un système assurantiel : le pays le plus libéral du monde met en place des garanties que l'Europe se refuse à prendre ! », constate-t-il.

« Le prix du lait mondial est fait par la Nouvelle-Zélande, qui a des conditions climatiques pour une alimentation entièrement à l'herbe. On ne peut pas jouer sur ce terrain-là. Nous avons intérêt à jouer sur une production de qualité, qui crée de la valeur ajoutée avec une valorisation de la production par des signes de qualité », développe-t-il.