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Protéines végétales : comment Cap Protéines « déverrouille » la production

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Les instituts Terres Inovia et Idele ont dressé le 1er mars un bilan à mi-parcours du programme Cap Protéines. Des premiers résultats encourageants ont été présentés.

« Lever les verrous » techniques, « massifier » certaines pratiques : voilà la démarche de Cap Protéines, a souligné le 1er mars le directeur de Terres Inovia (institut technique) Laurent Rosso, lors d’un bilan à mi-parcours. Lancé en janvier 2021, ce programme de recherche, développement, innovation et transfert bénéficie de 20 M€ du plan France Relance, auxquels s’ajoutent 33,5 M€ de financement par la filière des huiles et protéines végétales. Il s’inscrit dans une stratégie nationale en faveur des protéines végétales, qui vise à doubler leurs surfaces à 2 Mha d’ici 2030. « Ce énième plan protéines, on y croit, c’est le bon », a déclaré le président de Idele (Institut de l’élevage) Martial Marguet. Avec Terres Inovia, l’autre coordinateur de Cap Protéines, il a expliqué pourquoi, en livrant de premiers résultats.

Les résultats côté oléoprotéagineux

Les producteurs d’oléoprotéagineux disposent de myVar, illustre Laurent Rosso. Cet outil d’aide au choix variétal s’enrichit de trois nouvelles espèces (treize fiches de variétés pour le pois chiche, huit pour la lentille et treize pour le lupin) et de listes recommandées de pois et féveroles pour les semis de 2022. La lentille est désormais évaluée par Terres Inovia et ses partenaires, en couvrant 71 % des variétés cultivées en France. Côté pois chiche, Cap Protéines a permis d’étoffer le réseau et ainsi d’évaluer 54 % des variétés cultivées. Terres Inovia et ses partenaires ont mis en place de nombreux observatoires agronomiques, pour acquérir des références, les partager avec les techniciens, conseillers et agriculteurs. En 2021, soja, lentille, féverole, pois, pois chiche et lupin ont ainsi été implantés sur plus de 400 parcelles dans de nouveaux bassins de production. Dix plateformes d’essais s’y ajoutent pour les mêmes cultures, avec l’organisation de visites. En colza, des itinéraires techniques de rupture sont testés par Terres Inovia, notamment le semis de variété de printemps à l’automne. « On travaille beaucoup le bio », poursuit Laurent Rosso. Cela concerne le tournesol et le soja, avec des tests sur respectivement 26 et 13 variétés européennes et non françaises comme habituellement. L’institut a réussi à produire du tourteau de tournesol (décortiqué) à plus de 50 % de protéines (contre au maximum 27 % en non-décortiqué) uniquement grâce au pressage.

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Au bénéfice des éleveurs, Cap Protéines mène différents essais. L’objectif est de réduire la consommation de tourteau de soja, largement importé. Exemple à la ferme expérimentale de Trévarez (Finistère), les vaches sur des prairies à 80 % de trèfles ont ingéré cet été 1 kg/j de tourteau en moins par animal, en comparaison du troupeau en stabulation nourri à l’ensilage de maïs.

« Ce énième plan protéines, on y croit »