Quatre parlements européens ont signé une déclaration commune sur l’avenir de la Pac à compter de 2020, le 11 avril. Les signataires (Irlande, Italie, Pologne et France) sont d’accord pour renforcer le premier pilier. En revanche, des divergences de vues apparaissent s’agissant des outils assurantiels.
L’Irlande, l’Italie, la Pologne et la France ont signé une déclaration parlementaire commune sur l’avenir de la Politique agricole commune, le 11 avril. « Tous les pays (signataires) sont pour un premier pilier de la Pac fort », a développé Jean Bizet, président de la commission des affaires européennes du Sénat, en conférence de presse. Les États ont aussi exprimé la nécessité que les crédits de la Pac ne soient pas la « variable d’ajustement du budget européen. » En outre, Jerzy Chróścikowski, président de la commission agricole du Sénat polonais, a réaffirmé le soutien de son pays au système actuel qui « prélève aux grandes exploitations pour les plus petites » et qui « doit être conservé ».
Faire cesser l’érosion budgétaire
Par ailleurs, le combat prioritaire porte sur le maintien a minima du budget. « On ne peut pas parler de la Pac sans parler du Brexit qui va entraîner un déficit de 10 milliards d’euros dans le budget européen », affirme Pat Deering, représentant du parlement irlandais. L’enjeu est de taille. Selon Jean Bizet, entre 2005 et 2010, l’Union européenne diminuait de 17 % le budget agricole à 220 $ par habitant contre une hausse de 40 % aux États-Unis à 480 $ par habitant. Par ailleurs, pour la période 2020-2026, les pays signataires appellent à prendre en compte le Brexit, mais aussi « la politique commerciale » qui pourrait avoir des conséquences sur les agricultures européennes. Pour Jean Bizet, « l’Union européenne doit arrêter d’être naïve sur les accords commerciaux ».
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Des divergences sur l’assurance
S’il n’y a pas de désaccord majeur, « il y a des divergences de vues sur le système assurantiel », nuance Jean Bizet qui propose « davantage de flexibilité ». Côté irlandais, Pat Deering émet des réserves : « Nous ne sommes pas convaincus que l’assurance est la panacée. Mais nous ne fermons pas la porte ». Par ailleurs, il a rappelé que la déclaration commune est constituée de douze principes. Les discussions « ne sont pas encore allées dans le détail ». Les parlementaires européens entendent poursuivre ce travail « pour participer et contribuer activement au débat sur l’orientation stratégique de la Pac à compter de 2020 ». L’objectif à terme est aussi de convaincre d’autres États membres de s’allier à cette déclaration. L’Allemagne et l’Espagne pourraient être les prochains signataires.
« Nous soutenons le système actuel qui prélève aux grandes exploitations pour les plus petites », explique Jerzy Chróścikowski, parlementaire polonais.