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Rapport Arcadia : la nécessité de financer l’agriculture africaine

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Il faut accroître les volumes et la productivité de l’agriculture africaine, estiment les rédacteurs du rapport Arcadia sur les marchés des matières premières. Pour atteindre cet objectif, encore faut-il trouver des moyens financiers et les orienter vers les bons destinataires.

Le deuxième rapport Arcadia (Annual report on commodity analytics and dynamics in Africa) sur « l’Afrique et les marchés des matières premières » a été publié, dans son édition française, le 20 juin (1). Fruit de la collaboration de l’OCP Policy Center (think tank marocain) et Cyclope (analyse des marchés mondiaux), le rapport ambitionne d’être un outil à destination des décideurs politiques. Il aborde les sujets des énergies, des minerais et métaux, ainsi que des matières premières agricoles. En 2016 et 2017, le rapport note dans l’ensemble un « rebond des cours des matières premières » à quelques exceptions près, dans l’agriculture (les céréales et le cacao notamment). Parmi les constats généraux, celui qui s’avère primordial est que l’économie d’un État ne peut reposer que sur une ressource unique. Car les fluctuations des cours peuvent mettre à mal une économie entière, rapportent les auteurs.

Investir dans l’agriculture

Sur l’agriculture précisément, Jean-Christophe Debar, directeur de la fondation Farm et rédacteur du chapitre agricole du rapport, note que si la production agricole africaine a augmenté ces dernières années, les efforts restent insuffisants. « Depuis le début des années 2000, les États africains ont pris conscience de la nécessité de relancer leur agriculture », relève-t-il. En 2003, ils se sont d’ailleurs engagés à dépenser 10 % de leur budget pour développer l’agriculture. Pourtant, aujourd’hui, « seuls 5 pays sur 54 ont atteint l’objectif », remarque-t-il. « Le premier enjeu de l’Afrique est d’augmenter la production et la productivité agricole », estime le directeur de Farm. Pour ce faire, des investissements s’avèrent nécessaires. « Par qui ? et pour qui ? », s’interroge-t-il. Sur les financeurs, Karim El Aynaoui, directeur général de l’OCP Policy center, dénonce « un manque d’efficience de la finance mondiale ». « Les États présents dans les institutions internationales de développement (de type Banque mondiale, N.D.L.R.) doivent faire bouger les choses », estime-t-il. Quant aux destinataires, Jean-Christophe Debar constate que « la Banque africaine de développement à tendance à privilégier les investissements dans les grandes entreprises qui emploient de la main-d’œuvre plutôt que chez les agriculteurs indépendants ». Pourtant, l’Afrique doit aussi miser sur son agriculture familiale : la croissance démographique est telle qu’une grande partie de la population restera rurale. « On ne peut pas anticiper le vide progressif des campagnes comme en Occident », conclut le directeur de la fondation.

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(1) Arcadia, L’Afrique et les marchés mondiaux des matières premières, ed. économica, 2017, 252 p.

Un État ne peut se reposer sur une ressource unique