Le 15 congrès national du Modef, qui s’est tenu les 7 et 8 avril 2009 dans le Gers, a réuni environ 250 délégués. Réunis sur le thème de « Nous mangerons si j’en vis », les délégués du Modef mettent le combat pour des prix rémunérateurs au premier plan de l’orientation du syndicat. , souligne Raymond Girardi, le secrétaire général du Modef. , selon lui par la FNSEA.
«La FNSEA a abandonné son côté revendicatif », estime Raymond Girardi, le secrétaire général du Modef, au lendemain du congrès du syndicat qui s’est déroulé les 7 et 8 avril dans le Gers. « La FNSEA manque à ses devoirs sur des dossiers comme le lait ou l’effondrement des cours des céréales et la spéculation ». Pour le secrétaire général, « le moyen de base pour se faire entendre est l’action syndicale ». Le rôle d’un syndicat est de « dénoncer publiquement ce qui se passe » par la manifestation. Quitte à faire des manifestations unitaires. L’essentiel est de faire pression. La négociation arrive dans un second temps. « La FNSEA et sa filière laitière (FNPL) abandonnent les producteurs de lait à l’interprofession qui ne négocie le prix du lait qu’à la baisse », estime Raymond Girardi. La période économique et sociale particulièrement difficile n’est pas sans conséquence sur l’ensemble des secteurs économiques et le monde du travail, constate le Modef. L’agriculture ne fait pas exception. Le contexte est « très dur » pour l’agriculture française, rappelle-t-il. Raymond Girardi n’est guère optimiste. La moitié des agriculteurs français ont plus de 55 ans. Il se pose le problème de leur succession, explique-t-il. « Nous serons de moins en moins nombreux », prévient-il.
Renforcer le syndicalisme
C’est pourquoi « il est nécessaire de renforcer le syndicalisme ». « Un plan de resyndicalisation » va être lancé pour attirer de nouveaux adhérents. Tous les syndicats sont face à une montée de l’individualisme, commente le syndicaliste. L’idée est de développer les initiatives sur le terrain, souligne Raymond Girardi. Aux dernières élections aux chambres d’agriculture en 2007, le Modef était présent dans plus de 40 départements. « Il nous faut multiplier les initiatives, notamment en organisant des réunions dans les cantons et les départements ». Et pourquoi pas gagner en présence dans de nouveaux départements, espère-t-il.
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En termes de message, le Modef met le combat des prix rémunérateurs au premier plan de l’orientation du syndicat. Au chapitre de la Pac, le Modef, s’il est favorable à la redistribution des aides, n’est pas d’accord sur un prélèvement uniforme pour tous. « Nous avons toujours défendu le concept de plafonnement des aides, soit au niveau des hectares éligibles ou des montants ». Ce 15 e congrès était électif. Xavier Compain, président du Modef depuis 2003, ne remettait pas en jeu son mandat. Il s’est lancé dans une carrière politique. Il a été élu membre du conseil national lors du 34 e congrès du parti communiste en décembre dernier. Par ailleurs, depuis le 7 février, il est responsable de l’agriculture, de la pêche et de la forêt au PCF. Le comité directeur qui a été élu à ce congrès se réunira pour procéder au vote qui désignera la direction nationale du Modef. Le nouveau président sera connu d’ici la fin du mois.