Abonné
Stéphane Le Foll : « Les crédits Pac doivent être rééquilibrés »
Réagissant à la publication des comptes de l’agriculture, le ministre de l’Agriculture a pris acte, le 12 décembre, « de cette évolution et des disparités historiquement marquées entre filières ». Selon Stéphane Le Foll, « ces résultats me confortent dans l’idée que la répartition des crédits de la PAC doit être rééquilibrée en faveur des filières d’élevage. Ils soulignent la nécessité de mettre en place des dispositifs de lissage de la volatilité des cours des matières premières ». Le communiqué du ministère souligne les bons résultats pour les céréales, oléoprotéagineux, maraîchage, arboriculture, élevage hors-sol et les baisses de revenu pour l’élevage bovin viande et lait, l’élevage ovin et la viticulture.
La FNSEA souligne « les dégâts de la volatilité »
Pour la FNSEA, qui a réagi à la publication des revenus de l’agriculture le 12 décembre, ces données reflètent « les dégâts de la volatilité ». La centrale syndicale rappelle qu’en 2009, « le revenu de la ferme “France” enregistrait une baisse supérieure à 30 % ; les revenus chutaient dramatiquement de plus de 40 % en élevage laitier, en arboriculture fruitière et en grandes cultures. » La FNSEA estime que « ces variations extrêmes traduisent la volatilité des prix qui s’est installée dans le paysage agricole depuis 2006, depuis que la PAC ne joue plus son rôle de régulateur et abandonne ses instruments de gestion de marchés, depuis que l’Europe concède à tour de bras dans les négociations internationales. » Le syndicat attend donc « des gouvernants européens qu’ils se fixent comme priorité absolue de réinstaurer des outils de régulation dans la prochaine PAC, comme au niveau mondial conformément aux engagements du G20. » Lors d’une conférence de presse le 13 décembre, le président de la FNSEA constatait que « l’agriculture se révèle être une base stable de développement dans les territoires ». Cependant, les statistiques européennes révèlent de grandes performances de revenu dans les pays du nord de l’Europe. « On va regarder les facteurs et conditions de production qui expliquent les performances de ces pays », a-t-il annoncé.
APCA : les écarts creusés entre filières
Dans un communiqué diffusé le 12 décembre, l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture) analyse les comptes de revenu de l’agriculture et s’inquiète vivement face au secteur de la viande bovine : « La baisse de 6 % des volumes en viande bovine est un véritable signal d’alarme. Elle aura des impacts sur l’emploi et la vie dans les territoires et menace la diversité de nos agricultures, » affirme le communiqué de l’APCA. Selon son président, Guy Vasseur, « nous sommes confrontés à un contexte économique qui creuse les écarts de revenus entre agriculteurs et entre filières. Les décisions européennes et françaises à venir devront répondre à cet enjeu, en confortant la diversité de nos filières et en créant des synergies plus fortes entre elles. A titre d’exemple, un plan protéines s’inscrit pleinement dans une telle démarche. »
Les élections aux chambres, occasion d’améliorer les revenus agricoles selon les syndicats minoritaires
Si les résultats prévisionnels des comptes de l’agriculture annoncent une légère hausse des revenus des paysans, « ils sont trompeurs car ils masquent une inégalité croissante et insupportable des revenus », dénonce la Confédération paysanne dans un communiqué du 12 décembre. Selon l’organisation professionnelle, « la politique actuelle conduit à l’élimination des actifs agricoles et à l’augmentation du nombre de paysans avec peu ou pas de revenu ». C’est pourquoi la Confédération paysanne « propose aux paysans un autre choix, à travers les prochaines élections “Chambre” », conclut le communiqué. La Coordination rurale dénonce elle aussi « des prévisions optimistes qui ne masquent pas l’inquiétante réalité », dans un communiqué daté du même jour. Le syndicat ne fait pas que regretter le faible revenu des éleveurs, il relativise également les résultats des céréaliers. « Il ne faut pas oublier que les charges d’approvisionnement continuent de s’alourdir avec la continuelle envolée du prix des engrais », indique le communiqué. « Les prochaines élections aux Chambres d’agriculture seront déterminantes pour sanctionner les orientations prises et les échecs des PAC successives », affirme la Coordination rurale.
Grandes cultures : une occasion d’investir
Pour Philippe Pinta, président d’Orama (syndicat des producteurs de grandes cultures), qui a réagi à la publication des revenus agricoles dans un communiqué, « la progression des revenus est une opportunité pour investir, pour produire plus et produire mieux, libérer la productivité, mettre en place un mécanisme de lissage des revenus face aux aléas ». L’organisation des producteurs de grandes cultures souligne également que ces revenus ne doivent pas « occulter une progression substantielle des différents postes de charges d’exploitation ». Elle rappelle aussi l’impact de la hausse des grandes cultures sur l’élevage et le rôle du Fonds de modernisation céréaliers-éleveurs à ce sujet.
Les éleveurs de bovins allaitants de nouveau en bas de l’échelle des revenus agricoles
« A nouveau au plus bas de l’échelle des revenus en 2012, à 115 000 euros par actif, selon les Comptes de l’Agriculture, soit à peine 40% du résultat moyen agricole, les éleveurs de bovins à viande ne parviennent toujours pas à émerger du marasme », affirme la Fédération nationale bovine (FNB) dans un communiqué de presse du 12 décembre. Les raisons sont connues, entre autres, la hausse des coûts de production et la pression constante de l’aval de la filière sur les prix. La FNB demande que soient « renforcées les mesures de régulation des filières et de gestion des aléas économiques » pour permettre une hausse du prix à la production. En outre, la FNB interpelle le ministre de l’Agriculture pour qu’il propose à Bruxelles « la possibilité d’attribuer une aide différenciée à l’ensemble des surfaces fourragères, en complément au soutien couplé à l’animal ».
Le revenu prévisionnel 2012 des éleveurs de porcs ne doit pas masquer leurs difficultés
« Les prévisions de revenu pour 2012 publiées par la Commission des comptes de l’agriculture de la nation (CCAN) font état, pour les éleveurs de porcs, d’un revenu avant impôt et cotisation sociales en progression de 28% par rapport à 2011 », constate la Fédération nationale porcine (FNP), dans un communiqué de presse du 13 décembre. Pour la FNP, s’en réjouir serait inapproprié : « Le revenu prévisionnel 2012 ne doit pas masquer les difficultés des éleveurs de porcs ! ». En outre, les professionnels de la FNP remettent en cause la hausse des charges de +3% estimée par la CCAN. « Elle paraît bien faible quand le prix de l’aliment est attendu en hausse de 6 à 7% en moyenne sur l’année avec une forte accélération en fin d’année estimée de 25 à 30% par rapport à fin 2011 », affirme la FNP. Alors que le ministère de l’Agriculture estimait, le 12 décembre dans un communiqué, que « la conjoncture des prix a été bien orientée, entre autres, pour l’élevage hors-sol (avicole et porcin) », la FNP rappelle que ce même ministère « a mis en place le 30 octobre dernier des groupes de travail pour trouver des solutions aux difficultés de la filière porcine ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Suivi
Suivre