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Elevage Réduire l’empreinte carbone des élevages, c’est possible !

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Des leviers d’actions existent pour réduire le bilan carbone des élevages. L’Institut de l’élevage les a présentés lors de la journée « Les gaz à effet de serre en élevage herbivore », organisé par l’Institut lui-même le 23 novembre. La prairie et sa gestion y ont un rôle clef.

L’Institut de l’élevage a rendu publique le 23 novembre, lors du colloque « Les gaz à effet de serre (GES) en élevage herbivore », une série de « leviers d’action » pour réduire les émissions de GES et accroître le stockage de carbone. Optimisation du taux de renouvellement du troupeau laitier, amélioration de la productivité en élevage ovin, méthanisation des déjections, introduction de légumineuses dans les prairies… par ces pratiques, l’éleveur peut espérer gagner à chaque fois quelques grammes en termes d’émission de carbone. En additionnant ces gains, le taux de réduction pourrait atteindre de 15 à 25% voire 40% en agissant sur les prairies. Ces dernières sont reconnues pour être un formidable puits de stockage du carbone (500kg/ha/an pour une prairie permanente de moins de 30 ans). La prairie explique pour beaucoup les différences d’émissions observées entre systèmes de production. Ainsi, en élevage bovin allaitant et en élevage ovin, le stockage de carbone par la prairie peut compenser jusqu’à 50% des émissions de GES dans une exploitation, soit la proportion liée au méthane émis par le rumen de l’animal.

La prairie, source de variabilité entre système de production
Un autre élément remarquable est la variabilité des émissions de GES intra-systèmes de production « ce qui laisse présager des pistes d’amélioration », selon Jean-Baptiste Dollé, chef du service Bâtiment et environnement à l’Institut de l’élevage. Pour lui, « de nombreuses perspectives laissent imaginer un lait d’élevage à 0,7-0,8kg de CO2 net par litre de lait et une viande bovine à 7-8kg de CO2 net par kilo de viande vive ». Il insiste cependant : « Ces chiffres ne correspondent pas à l’empreinte carbone moyenne française mais à une première évaluation ». Ces calculs sont basés sur la méthode GES’TIM dont le guide méthodologique est « une production de l’action Casdar Gaz à effet de serre et stockage de carbone en exploitations agricoles (2007-2009) », selon Armelle Gac, chef de projet environnement à l’Institut de l’élevage. Dans cette méthode, seuls les flux de GES à l’intérieur de l’exploitation sont inventoriés. Une question est restée longtemps en suspens dans ces calculs : connaissant les quantités de GES produit par un même animal, quelle quantité attribuer à ses produits, la viande et le lait ? L’Institut de l’élevage a fait le choix de la FAO, c’est-à-dire celui de lier la quantité de protéine produite par l’animal à la quantité de GES émis. Ainsi 85% de ces derniers seront attribués au lait et 15% à la viande, dans le cas d’une vache laitière. Par ailleurs, comme le démontre l’Institut de l’élevage, chiffres à l’appui, réduction des GES et bons résultats économiques sont conciliables.

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