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APCA Réélu président, Luc Guyau lance une réflexion prospective sur l’agriculture

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Fort d’une participation record aux élections des chambres d’agriculture, et de bons résultats pour le syndicalisme majoritaire, c’est un Luc Guyau regonflé qui a installé le nouveau conseil de l’APCA (Assemblée permanente des chambres d’agriculture). Un conseil qui l’a réélu président sans coup férir pour un deuxième mandat de 6 ans. Sa priorité : un travail prospectif sur l’agriculture et la politique agricole.

Grande séance à l’Assemblée permanente des Chambres d’agriculture (APCA), Paris, avenue George V le 21 mars : sous le superbe décor rénové mais encore très IIIè République, a eu lieu l’installation de la nouvelle assemblée permanente issue des élections aux chambres d’agriculture du début d’année. Les sourires étaient aux lèvres des nouveaux élus ou renouvelés, de même qu’aux quelques anciens ou cadres de l’APCA qui se voyaient décorés pour l’occasion en tant que commandeurs ou chevaliers du Mérite agricole. Mais l’actualité est vite revenue aux lèvres tant du ministre que de Luc Guyau qui a annoncé les grandes lignes de sa nouvelle mandature.

« Avoir un coup d’avance »

Principale orientation : un travail de réflexion et de prospection sur l’avenir de l’agriculture et de la politique agricole. Des échéances sont proches en effet (bilan de santé de la Pac en 2008, révision budgétaire de 2013, réforme des quotas laitiers en 2015) et « pour ouvrir des marges de propositions il nous faut anticiper », déclarait Luc Guyau : « Il nous faut toujours avoir un coup d’avance ».

Deuxième axe de la mandature, la qualité du service et de l’appui aux agriculteurs. Un travail qui a déjà été entamé et que devraient aider les différentes réformes tout juste publiées sous forme de décret ou d’ordonnance au Journal officiel. Les chambres d’agriculture devraient avoir la capacité de mettre des moyens en commun, de constituer un véritable groupe avec l’APCA comme tête de réseau.

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Le troisième axe a lui aussi commencé d’entrer dans les faits : il s’agit d’améliorer la communication du monde agricole en direction du grand public. Là aussi, le travail a déjà démarré, tant à l’initiative des Chambres d’agriculture avec le plateau de l’info du Salon de l’agriculture et la chaîne de TV Terre d’infos, qu’à l’initiative d’autres organisations (par exemple, le Train de la Terre mis en place par l’Aficar). En ce qui concerne la chaîne de TV, Luc Guyau n’a pas manqué de souligner qu’il « souhaite que la profession agricole s’empare de cet outil et que nous nous retrouvions prochainement pour en discuter ». La question d’une pérennité de cette chaîne pour l’instant éphémère pourrait se poser un jour.

D. Bussereau « stupéfait »

Autant d’objectifs salués par le ministre de l’Agriculture Dominique Bussereau qui a voulu aussi se placer dans un contexte international. Réagissant aux propos de Pascal Lamy, directeur de l’OMC qui a, selon lui, estimé que les soutiens internes à l’agriculture seraient « un héritage colonial» il s’est dit « stupéfait». Et il a enjoint aux nombreux professionnels agricoles présents de « bien attirer l’attention des gouvernements qui viendront sur la nécessaire fermeté à l’égard des négociations à l’OMC. » Il a aussi évoqué les « éventuelles modifications à apporter à la Pac en 2013. C’est une date très rapprochée, s’agissant d’un secteur économique qui fait des efforts considérables d’adaptation. »