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Releaf Paper veut implanter son site pilote en France

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Des fibres de cellulose, obtenues à partir de feuilles mortes, à destination des papetiers. Crédits : © Releaf Paper

La société ukrainienne Releaf Paper, spécialiste de la valorisation des feuilles mortes en fibres de cellulose à destination des papetiers, veut installer son site pilote en France dès 2024. Elle a postulé pour rejoindre la Ligno Vallée, le projet mutualiste autour des métiers du bois en cours de constitution dans les Yvelines.

Fabriquer du papier à partir de feuilles mortes, une solution durable deux en un, qui évite la déforestation et permet de valoriser un déchet. C’est l’enjeu qu’a relevé un jeune étudiant ukrainien, Valentyn Frechka à l’origine de la création de la société Releaf Paper avec le soutien de l’entrepreneur ukrainien Alexandre Sobolenko. « Tout l’enjeu était de réussir à extraire des fibres de cellulose de bonne qualité à partir de ces déchets verts, alors que tous les procédés tentés jusqu’alors s’étaient révélés infructueux », explique Bertrand Chevalier, directeur général délégué en charge du développement en France. 

Sans dévoiler son process de fabrication unique, ce dernier indique que la société a mis au point « un procédé innovant, proche mais beaucoup plus simple de ce qui se fait sur le bois, c’est-à-dire qu’il s’agit bien d’un procédé mécanique, thermique et chimique. Notre point fort porte sur la façon de traiter les feuilles qui sont fragiles, pour réussir à en extraire des fibres de cellulose qui soient utilisables dans la chaine de production de tous les papetiers. Nos fibres alternatives issues des déchets verts sont la troisième solution qui s’offrent aux papetiers, aux côtés des fibres vierges de cellulose et des fibres recyclées actuellement utilisées ». A terme, l’unité de production de Releaf pourrait récupérer et traiter 25 000 tonnes de feuilles, pour en faire 10 000 de fibres de cellulose.

La société peut s’appuyer sur une matière première abondante. En France, 4,4 millions de tonnes de déchets verts, dont 34% se composent de feuilles (source SINOE) transitent par les déchèteries par an. Une grande majorité de ces 1,5 million de tonnes de feuilles est compostée avec les autres déchets verts et 10% sont brulées, ce qui non seulement n’est pas très bon pour l’environnement, mais affiche un mauvais bilan calorifique et génère beaucoup de cendres. 

Un site pilote en France en 2024

Jusqu’à présent très centralisée en Ukraine, l’activité de Releaf est en cours de rapatriement en France. « En Ukraine, nous avions des prototypes chez des partenaires dont certaines usines ont été bombardées. Notre développement dans le pays est donc limité, mais nous avons trouvé le site idéal en France pour implanter notre pilote et dans un second temps notre site de production industriel. Il s’agit de la Ligno Vallée à Carrières-sous-Poissy, un projet de mutualisation circulaire autour du développement durable, structuré autour des différents acteurs et métiers de la filière bois, en cours de constitution et pour lequel Releaf Paper a postulé », annonce Bertrand Chevalier. Le projet de la Ligno Vallée est principalement porté par le producteur de combustibles bois énergie Inoé, qui est en train de fédérer d’autres acteurs autour de lui, dont certains ont déjà été pré-sectionnés à l’image de Carbonloop notamment.

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Lire aussi : Claire Chastrusse (Carbonloop) : « Nous espérons pouvoir annoncer la signature d’un partenariat avec une coopérative agricole début 2023 »

En parallèle, Releaf Paper a aussi des contacts aux Pays-Bas. « Ils ont énormément de déchets horticoles et agricoles et la région de la Haye nous a déjà fait savoir qu’elle avait 70 000 tonnes de déchets verts disponibles. Mais quoi qu’il arrive, nous installerons notre première unité pilote en France en 2024 » précise le responsable. La société compte également déplacer sa R&D sur le territoire. « Nous savons fabriquer de la fibre de cellulose de qualité, qui constitue notre activité de départ, mais nous savons aussi que travailler les déchets verts, nous permettrait à terme de générer une dizaine d’autres produits complémentaires » pronostique le responsable.