Abonné

Rendements attendus en baisse pour la pomme de terre

- - 3 min

Alors que le rendement est annoncé en baisse de 7 % en pommes de terre de conservation du fait de la canicule, les associations de producteurs anticipent d’éventuelles difficultés à respecter les contrats de commercialisation aussi bien en quantité qu’en qualité.

Les producteurs avaient tiré la sonnette d’alarme dès le début du mois d’août, en pleine canicule. Les conditions météorologiques « très marquées » depuis le début de la campagne 2018-2019 « auront un impact important sur le rendement final et les calibres » des cultures de pomme de terre, prévenait ainsi l’Union nationale des producteurs de pommes de terre (UNPT) dans un communiqué le 2 août. Les pluies abondantes du printemps ont entraîné « un certain retard dans les plantations et parfois même des parcelles à replanter », alors que les épisodes orageux puis la « quasi-absence de pluviométrie depuis plusieurs semaines » ont provoqué « des états de sénescence assez avancés » dans la végétation des parcelles. Ces conditions climatiques « ne sont plus favorables à la physiologie de la pomme de terre et des problèmes qualitatifs pourraient également apparaître », mettait en garde l’organisation.

Une production évaluée entre « 5,2 et 5,7 millions de tonne »

Deux semaines plus tard, le 14 août, alors que s’achevait la commercialisation des pommes de terre primeurs et que commençait celle des pommes de terre de conservation, les prévisions se faisaient plus précises. Les rendements en pomme de terre de conservation seraient « en baisse de 7 % environ, à date identique, par rapport à la moyenne quinquennale » du fait de l’épisode caniculaire. La production française finale devrait, « sauf phénomène météorologique majeur d’ici la fin de la campagne, s’élever entre 5,2 et 5,7 millions de tonnes », affirme alors l’organisation de producteurs qui craint que le respect des cahiers des charges de commercialisation aussi bien en termes de quantité que de qualité ne pose problème.

Des rendements en baisse de 15 à 25 % au niveau européen

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

pomme de terre
Suivi
Suivre

Même inquiétude au niveau européen où la North-Western European Potato Growers (NEPG), plateforme rassemblant les syndicats de producteurs français, allemands, belges, anglais et hollandais, indiquait ainsi que « les experts considèrent que l’on devrait être, au minimum, à un niveau de rendement inférieur de 15 à 25 % à la moyenne pluriannuelle » sur la zone du NEPG. Celle-ci remarquait notamment « une différence importante » entre parcelles irriguées et non irriguées, alors « qu’à peine 50 % des surfaces de pommes de terre dans le Nord-Ouest européen sont irriguées », insistait-elle.

« Des aménagements des cahiers des charges doivent être négociés »

Des discussions doivent se mettre en place « dans les meilleurs délais » au niveau national et européen entre représentants des acheteurs et producteurs, demandait alors l’UNPT. « Des aménagements des cahiers des charges doivent être négociés » et « les contrats doivent, le cas échéant, être revus entre les acheteurs et les clients finaux ». « L’UNPT, encore plus cette année, ne pourra pas supporter d’éventuelles braderies qui pourraient apparaître en grande distribution », prévenait également l’organisation en évoquant les promotions organisées par les enseignes de la distribution.