En Champagne, la récolte est exceptionnelle en quantité, elle le sera peut-être également en qualité. Certaines parcelles atteindraient 30 000 à 40 000 kg/ha. Les Champenois auraient souhaité augmenter leurs rendements à titre dérogatoire pour réformer leurs réserves exsangues. Mais l’administration s’y est opposée.
La vendange champenoise, dont le gros devrait s’effectuer à partir du 27 septembre, s’annonce très abondante, contrecoup probable de la faible production de 2003. « Ce sera la plus grosse récolte agronomique de l’histoire de la Champagne », assure Patrick Le Brun, président du Syndicat général des vignerons (SGV).
« En Haute-Marne, nous avons des grappes qui font 196 gr, alors que la moyenne est de 120 !», s’exclame Jean-Pierre Vincent, chef de cave chez Nicolas Feuillatte.
Le potentiel, d’environ 10 000 kg/ha en général, flirte cette année avec le double. Certaines parcelles produiraient même de 30 000 à 40 000 kg/ha. Conformément au décret de l’appellation, les vignerons ne devraient récolter que 13 000 kg/ha, dont 1 000 iront renflouer la réserve qualitative, mise à mal par la petite récolte 2003.
Au final, la vendange devrait générer 325 millions de bouteilles, dont 300 sont d’ores et déjà assurées d’être vendues.
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2004 pourrait être un millésime
La qualité pourrait également être au rendez-vous cette année si la météo continue de se montrer clémente.
« Pour l’instant, il y a un bon équilibre entre les taux de sucre et d’acidité et la vigne est en bonne santé. On espère que le sucre va grimper encore, mais c’est surtout la météo qui va nous guider jusque fin septembre», note Bernard Beaulieu, secrétaire général de l’intersyndicat CGT du champagne.
Au SGV on se dit qu’« on peut prétendre à un millésime » (réservé aux meilleures années en Champagne) mais les vignerons champenois restent prudents. « C’est un peu trop tôt pour le dire », dit Christophe Lagrange, directeur commercial des champagnes Jacquart.
L’abondance de raisins, qui a parfois tendance à diluer l’acidité entre les trop nombreuses grappes, peut aussi faire des merveilles comme en 1982, année exceptionnelle tant en quantité qu’en qualité. La récolte 2004 pourrait lui ressembler. C’est ce qui a poussé les Champenois à demander à l’INAO et au ministère, à titre exceptionnel, de déroger aux limitations de rendements. La réponse de l’administration aurait été négative, selon plusieurs sources. A la veille des vendanges, ce refus a créé l’effervescence en Champagne.