Alors que la commission de l’Environnement du Parlement européen, en charge du dossier, pourrait relever l’ambition des propositions sur la restauration de la nature, la commission parlementaire de l’Agriculture (consultée pour avis) devrait au contraire demander de faire preuve de réalisme. L’eurodéputée Anne Sander (démocrate-chrétienne) qui prépare cet avis estime qu’il faut « remettre un peu de mesure dans les propositions de ce texte ». Elle présentait le 30 janvier son projet d’avis dans lequel elle plaide pour que soient remises au centre des préoccupations la sécurité alimentaire, l’utilisation des terres et leur productivité. Au cœur de ses préoccupations : les indicateurs proposés et l’objectif d’augmentation de ces indicateurs qui empiète sur les objectifs de la Pac qui vient tout juste de commencer. Anne Sander demande donc que soit réalisée une étude d’impact complémentaire d’autant que cette proposition a un effet cumulatif avec la proposition de règlement sur l’utilisation durable des pesticides. Elle estime aussi que des financements seront nécessaires : « Nous ne pouvons pas accepter de piocher une nouvelle fois dans les fonds de la Pac. »
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Christiane Lambert, la présidente des organisations professionnelles agricoles de l’UE (Copa) s’est, elle aussi, montrée inquiète, le 30 janvier lors d’une conférence de presse, du contenu de cette proposition sur la restauration de la nature qui, selon elle véhicule « une vision sanctuarisée de la nature » qui « priverait l’Europe de volumes importants de production agricole ». Et pour le moment, il n’y a pas de moyens pour accompagner les agriculteurs dans cette transition, déplore la présidente du Copa.