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Végétal Sabarot se lance dans la surgélation de légumes secs et de céréales

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Spécialiste des légumes secs et des céréales, Sabarot investit 3,5 millions d'euros dans une ligne de cuisson et surgélation de petites graines afin de conquérir de nouveaux marchés en RHD.

Réputé pour ses légumes secs, ses céréales et ses conserves de champignons, Sabarot se lance dans la cuisson et surgélation de petites graines. L’entreprise familiale basée à Chaspuzac (Haute-Loire) a inauguré début septembre une ligne de surgélation individuelle IQF (individually quick frozen). Installée sur 2 500 m2, elle est dédiée à la transformation de quinoa, boulgour, lentilles, pois chiches, orge perlé… en produits surgelés prêts à l’emploi. Entre choix techniques et mises au point, le projet a nécessité trois ans de travail pour atteindre le résultat souhaité quant au goût, à la préservation des qualités nutritionnelles et des textures. « La surgélation de petites graines humides est compliquée », souligne Antoine Wassner, le président. L’investissement de 3,5 millions d’euros fait partie d’un plan de 10 millions d’euros déployé sur deux ans comprenant notamment l’installation de chambres froides et de la robotisation.

Avec ses graines surgelées, Sabarot vise d’abord la RHD et l’industrie, deux circuits qui représentent chacun 15 % de ses ventes. L’entreprise veut continuer à diversifier ses clients. En dix ans, la part des GMS dans le chiffre d’affaires est passée de 80 % à 50 %.

Mais au Sial, Antoine Wassner, le président, a constaté le fort intérêt des GMS pour sa nouvelle gamme de produits surgelés. « Les grandes surfaces ont loupé le virage du bio, elles ne veulent pas louper celui du veggie », analyse-t-il. Le surgelé peut lui permettre d’installer légumes secs et céréales dans un nouveau rayon alors que celui de l’épicerie sèche est très monopolisé par les pâtes.

Tradition et innovation

En dehors des légumes secs, céréales et graines, Sabarot continue de développer son autre spécialité : les produits festifs avec les champignons, escargots et fruits rouges qui représentent encore 45 % de son chiffre d’affaires. À l’export, où sont réalisés 20 % des ventes dans 50 pays différents, ce sont plutôt les produits à connotation gastronomique qui s’exportent comme les champignons et les lentilles du Puy AOP.

Les produits bio représentent aujourd’hui 20 % du chiffre d’affaires mais devraient atteindre 50 % d’ici 5 ans. L’entreprise vient de lancer « Le temps est bio », une marque dédiée à la distribution spécialisée bio.

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Sans en faire une priorité, l’entreprise mise aussi sur la vente directe « qui permet d’avoir un contact direct avec le consommateur ». Une boutique ouverte à Lyon en 2017 est venue rejoindre celle du Puy-en-Velay tandis que l’e-shop se développe, complément de son blog "lundi veggie". Autour de 40 000 à 50 000 euros sont investis par an dans le digital. Autant de façons de donner une visibilité à la marque qui en GMS n’est présente que sur 50 % des produits qu’elle vend, le reste étant en MDD.

L’entreprise toujours familiale devrait atteindre 52 M€ de chiffre d’affaires en 2018. Elle emploie 130 personnes. L’année 2019 sera celle de son 200e anniversaire. À sa tête, la 7e génération est aux commandes. Elle vise le cap des 100 millions d’euros de chiffre d'affaires pour 2021.

Dynamique végétale

L’entreprise a fait de l’appétit croissant pour le végétal auprès des consommateurs un axe majeur de sa stratégie. « Depuis cinq à six ans, notre croissance est de 15 % par an. Nous sommes portés par la protéine végétale. C’est redevenu tendance », constate Antoine Wassner.

Si son produit phare reste la lentille verte du Puy AOP, Sabarot s’est adaptée aux nouveaux modes de vie. « Les clients veulent des produits prêts en moins de 10 minutes », souligne Antoine Wassner pour qui la mission de l’entreprise est aussi de proposer des produits « bons, sains, naturels, sans rien additionner ». 

Le catalogue continue de se diversifier, l’entreprise se positionnant comme un « dénicheur de graines ». Le quinoa figure dans le trio de tête de ses ventes. Elle en est devenue le premier importateur français et le second européen. Elle développe aujourd’hui des gammes de graines germées et de céréales du monde avec du freekeh (blé vert fumé) et du kasha (sarrasin décortiqué et grillé).