Après des investissements conséquents pour relancer l'exploitation et développer les sites, les salins de Gruissan et de La Palme (Aude) renaissent de leur cendres. La météo très favorable cet été promet une récolte exceptionnelle.
Les salins de Gruissan et de La Palme (Aude), survivants de la mondialisation, devraient approcher les 50 000 tonnes de production cette année. Le site de Saint Martin à Gruissan (400 hectares) devrait produire à lui seul 22 000 tonnes de sel brut (15 000 tonnes en année moyenne), ainsi que 200 tonnes de sel alimentaire et 50 tonnes de fleur de sel. A La Palme, la récolte qui débute cette semaine est encore plus prometteuse : 26 000 à 27 000 tonnes. « Nous avons bénéficié d’une conjonction météo particulièrement favorable avec un été très chaud et très sec. Nous n’avons pratiquement jamais eu de pluie entre le mois de juin et début septembre. C’est même une situation parfaite pour l’évaporation et la cristallisation », affirme Patrice Gabanou, le président de Someval (Gruissan) et des Salins de l’Aude (La Palme).
Cette belle saison de culture du sel se conjugue à une très forte fréquentation touristique, notamment à Gruissan avec plus de 100 000 visiteurs dont 70 % sur la pleine saison. Pour cela, les repreneurs ont développé le restaurant, La Cambuse du Saunier aujourd’hui réputé, modernisé la boutique de produits régionaux après avoir remis en état le réseau de l’eau de mer et les tables à sel, abandonnés de 2003 à 2009. « La Palme est aujourd’hui en pleine période de développement avec la mise en place d’une boutique, d’un restaurant et d’une visite touristique par petit train électrique qui assure aussi la desserte du spot de kite-surf sur l’étang. Mais nous avons redémarré plus tardivement, seulement en 2014 », ajoute Patrice Gabanou qui détaille une impressionnante montée en puissance du second site : 5 000 tonnes récoltées en 2014, 12 000 en 2015 et plus de 26 000 tonnes cette année. Pour parvenir à signer cette performance économique, les repreneurs, pilotés par Patrice Gabanou, ont dû défier les oracles économiques qui avaient tiré un trait définitif sur la capacité de ces deux sites à redevenir rentables un jour. La société Les Salins du midi, qui exploitait les deux sites jusqu’en 2003, avait conjointement dénoncé les contrats d’exploitation passés avec la commune de Gruissan et l’Etat à La Palme.
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Patrice Gabanou, l’ancien directeur de la production, fils et petit-fils de saunier, est à l’origine de cette relance audacieuse mais au prix d’investissements conséquents, notamment pour rétablir l’outil de production des salins, restaurer des dizaines de kilomètres de canaux abandonnés pendant plus de cinq ans. Les repreneurs ont investi plus de 700 000 € à Gruissan et 1 000 000 € à La Palme. Et l’exemplaire redressement a fait boule de neige. L’acteur Pierre Richard, proche voisin du domaine d’exploitation de Saint Martin, à Gruissan, a lui-même investi dans une brasserie avec vue imprenable sur la mer blanche de sel.