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Aviculture Sans hausse des prix, la contractualisation est en péril, selon la FIA et la CFA

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Sans hausse des prix de la part de la distribution, le reste de la filière ne pourra amortir seule la hausse des cours des matières premières agricoles. C’est toute la filière qui risque de s’en ressentir en termes d’emplois comme d’investissements, dénonce la Fédération des industries avicoles (FIA) dans un communiqué de presse du 12 avril. La Confédération française de l’aviculture (CFA) fait indirectement le même constat dans un communiqué du 13 avril, en refusant que les industriels ne tirent vers le bas les prix d’achat aux éleveurs.

Sans répercussion de la hausse des matières premières sur le produit fini auprès de la distribution, la contractualisation risque fort d’être menacée, relève la Fédération des industries avicoles (FIA). Dans un communiqué de presse du 12 avril, elle note que « la répercussion de cette hausse [des matières premières, ndlr] est totalement insuffisante dans les tarifs de vente auprès des clients (grandes et moyennes surfaces, grossistes et restauration hors foyer). Cette situation est accentuée par un niveau de promotions non rentable pour les abattoirs. Ces augmentations risquent d’avoir pour conséquence, à court terme, l’impossibilité de respecter les engagements de contractualisation avec les éleveurs, accouveurs et fabricants d’aliments. » Depuis la fin du mois de juin 2010, l’augmentation des cours des matières premières a provoqué une hausse du prix de revient des aliments pour volaille de l’ordre de 50%. Les entreprises « d’abattage, de découpe et de transformation » de la volaille « ne peuvent plus supporter seules ces hausses » du fait d’une « détérioration de la situation financière des abattoirs qui assumaient jusqu’à présent le rôle d’amortisseur des variations de prix ». Cette situation « pourrait mettre en péril » les emplois de la filière et sa capacité d’investissement.

La grande distribution en ligne de mire

De son côté, la Confédération française de l’aviculture (CFA) dénonce, dans un communiqué de presse du 13 avril, les « très fortes pressions des abattoirs de volailles pour obtenir des éleveurs et/ou de leurs organisations de production une baisse des prix de contrats et des rémunérations. […] La politique contractuelle, ce n’est pas cela ! » Les éleveurs, « eux aussi, subissent de fortes augmentations de leurs charges en particulier l’énergie qui fait déjà baisser leur revenu », relève la CFA. Elle met donc en garde les entreprises face à de nouvelles mobilisations des éleveurs. En résumé, du fait du refus de la grande distribution de faire passer la totalité des hausses de coûts de production au consommateur, les abattoirs et industriels voient leur situation financière se détériorer. Ils font donc pression sur les éleveurs afin de tirer les prix d’achat vers le bas, ce que dénonce la CFA. D’autant plus que, selon la CFA, « baisser les prix aux éleveurs aboutirait à donner un très mauvais signe à la grande distribution au moment où il faut poursuivre les négociations pour obtenir la répercussion intégrale des hausses des coûts de production. » Aussi, d’après la confédération, « il n’y a pas, dès lors, d’autre solution durable que de rechercher, tous ensemble, une juste valorisation de nos produits auprès du consommateur ». Autrement dit, industriels, abatteurs et éleveurs, entendons-nous pour faire pression face à la grande distribution, qui met en péril toute une filière. « A bon entendeur… », conclut la CFA !

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